CESARINI MAINTENU AU NOMBRE DES PRÉSIDENTS
cozzo, archevêque de Tarente, qui avait déjà, l'année précédente, pris contact avec les pères de Bâle. Enfin, faisant violence à ses ressentiments, le pape confia également la mission de président au cardinal Cesarini l. Ces décisions, dont la dernière avait son importance, furent portées à la connaissance des pères dans une lettre adressée cette fois « au concile de Bâle » : Eugène y renouvelait l'assurance de son zèle réformateur et ses vœux pour le prompt accroissement du synode (10 mai) 2.
Munis de ces diverses pièces, Jean de Mella, Nicolas Tudeschi et Louis Barbo se présentèrent devant l'assemblée générale du 5 juin et, produisant aussi pour la première fois la bulle du \ i février, réclamèrent hardiment le droit de partager la présidence avec Cesarini 3.
Le pape, disaient-ils, eût voulu venir lui-même. En étant empêché, il faisait en sorte que le concile put être célébré sans retard pour les diverses fins qu'on avait spécifiées. i\insi, de révocation expresse des décrets, il n'était plus question. Le souverain pontife estimait sans doute que l'existence canonique du concile allait seulement commencer : mais cela n'était point dit, tout au plus sous-entendu. On ménageait les susceptibilités, on glissait sur les points délicats. On donnait même à espérer que le temps achèverait d'effacer toute trace de malentendu, et, comme l'insinuaient les nonces quelques jours plus tard, les pouvoirs qu'allaient apporter l'archevêque de Tarente et l'évêque de Traù trancheraient les dernières difficultés 4.
A ces réticences diplomatiques, à cette finesse italienne, les gens de Bâle, qui voyaient clair et qui ne transigeaient pas, opposèrent une franchise brutale. La bulle du 14 février ne
1. Bulles des 7 et 8 mai 1433 (Ampliss. collect., VIII, 586, 587).