‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 231 sur 396 · Ibid., col · texte numérisé non relu

Ibid., col

3. Les nonces tenaient en réserve, et ne présentèrent pas, une bulle, qui ne nous est point parvenue, super vocibus prœsidentium (J. Haller, I, 315) : elle réglait sans doute le pouvoir discrétionnaire des présidents.

4. Procès-verbal authentique du 5 juin loc. cit.). J. Haller, II, 420, 423 : cf. I, 311, 313. 311.

Le Pape et le Concile. 15

satisfaisait nullement aux décrets : elle ne reconnaissait au concile ni son existence passée, ni son existence actuelle ; la dissolution subsistait. Les dernières nouvelles de Rome prouvaient, d'ailleurs, que le pape était toujours dans les mêmes dispositions. Autre grief : Eugène attribuait à ses présidents un pouvoir excessif *, ne réservant aux pères que le rôle de donneurs d'avis, et paraissait vouloir rayer de son programme la réforme du <( chef » . En somme, que leur demandait-on ? De laisser ébranler l'autorité des conciles, surtout de celui de Constance, d'où le concile actuel dépendait. Que resterait-il alors de ferme dans l'Eglise ? Les papes pourraient multiplier les scandales, dévorer la substance du peuple, renverser la foi catholique : qui donc y mettrait obstacle, s'ils étaient libres de ne point assembler les conciles ou de les dissoudre à leur gré ? Qu'ils osent donc dire tout haut ce qu'ils pensent tout bas ! Qu'ils annulent le concile de Constance ! Qu'ils cassent les décrets des Pères proclamant que le saint-siège ne peut rien innover pour tout ce qui concerne l'Eglise universelle ! A quoi bon couvrir d'ordonnances tant de longues peaux de parchemin, si, d'un mot, Rome peut les détruire ? Les pères de Bâle aiment mieux mourir que de reculer lâchement dans cette conjoncture : car Dieu est en cause. Le sujet du litige intéresse la foi, et, si Eugène n'écoute pas l'Eglise, qui lui parle par la voix des pères, il ne faudra plus le regarder que comme un païen et un publicain. Qu'il cesse donc de fatiguer le concile et de se fatiguer lui-même par l'envoi de tant de bulles et par l'emploi de tant de ruses ! Une simple déclaration que le concile actuel a toujours été, sans interruption, et est encore, à l'heure actuelle, un concile véritable, une adhésion pure et simple au synode, une révocation de la prétendue dissolution, c'est là ce que réclament l'honneur du pape et son devoir. A ce

1. Si l'on compare les pouvoirs de 1433 à ceux de 1-431, l'on remarque pourtant que la clause relative au droit de transférer, de proroger et de dissoudre le concile a été supprimée.

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