OPPOSITION IRRÉDUCTIBLE
comme précédemment, en était réduit à alléguer, outre les exemples récents de l'époque du Grand Schisme, les cas imaginaires de Libère, de Jean XII et du prêtre Anastase. Les nonces, continuait-il, avaient cité un texte favorable à la suprématie romaine : il eût pu facilement leur en opposer beaucoup d'autres; mais, sur ce point, la divergence des doctrines avait fait place à l'unité depuis la définition de Constance. Au surplus, Eugène IV avait-il notoirement scandalisé l'Eglise ? Oui, certes, en adressant à tous les princes sa bulle de dissolution et, malgré tant d'instances, en refusant de la retirer. Comment osait-il donc se présenter en juge devant un concile réformateur, qui devait le juger lui-même, et comment parlait-il de faire présider ce concile en son nom ? A entendre les nonces, il ne s'agissait que d'une vaine question de point d'honneur : non pas, mais de réparer le scandale de la dissolution, et d'obliger le pape à reconnaître l'autorité de l'Eglise, représentée par le concile de Baie !
Cette fois les nonces se turent, et leur silence prolongé fut interprété comme l'aveu de leur impuissance à répondre (1 6 juin). Les pères exultaient d .
Du moment qu'on repoussait les ouvertures de paix présentées au nom du saint-siège, il fallait se disposer à continuer la guerre. Cependant, à mesure que le concile prenait plus d'importance, il se sentait moins libre de ses mouvements. Cette gêne relative était la conséquence des recrues nombreuses qu'il avait faites, des hautes adhésions qu'il avait obtenues.
Le mot d'ordre nouveau donné par Eugène IV, à partir du