‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 236 sur 396 · INTERVENTIONS CONCILIANTES · texte numérisé non relu

INTERVENTIONS CONCILIANTES

un précieux appui moral : ce devait être aussi la source de bien des difficultés.

Sans parler de l'interminable querelle de préséance qui s'engagea entre les ambassadeurs de Philippe le Bon et ceux des Électeurs 1, ni des causes particulières d;ins lesquelles le concile fut forcé de tenir compte des préférences manifestées par ses trop puissants protecteurs 2, ceux-ci, en se faisant représenter à Bâle, acquéraient le droit d'y exprimer et d'y défendre des idées de tolérance, de conciliation, de sagesse modérée, qui n'étaient pas précisément celles de la majorité des pères '■'.

Ainsi, dès le premier jour où il parut à Bâle, quel fut le langage du chef de l'ambassade bourguignonne ? « Le duc ne connaît rien de « plus scandaleux, de plus monstrueux que la séparation des « membres et du chef, et l'absence du pape Eugène est profondé- «ment regrettable. Il est à craindre que ce léger dissentiment « actuel ne s'aggrave, qu'il ne compromette l'union, bien fragile « encore, qu'il ne renouvelle le schisme ancien... Le duc exhorte les «pères à user de tout respect, de toute mansuétude en ce qui «touche l'autorité, l'indépendance, l'honneur du pape et du « saint-siège, ayant confiance qu'Eugène IV, touché par les prières «des princes, se rendra prochainement favorable à leurs vieux'1. » Ce duc, aux idées arriérées, jugeait évidemment qu'on pouvait

rentienne, ms. Strozzi 33, fol. 68 r°; Bibl. Vat., ms. lai. Val. 4 1 s 4, fol. 109 r°: Concil. Basil., II, 290, 410; V, 55; Moniim. Cnncit., II, 355. Cf. une plaidoirie du 24 novembre 1432 : « Dit que l'evesque [d'Orléans] a donné entendre que il va au Concile de Baale; dont n'est riens, mais est à son hostel, et n'est nouvelle de son parlement. . . Aussi n'est l'ambaxadc du Roy preste. » (Arch. nal., X 1" 9200, fol. 84 v" ; cf. fol. 85 r°.)

1. ■ Bibl. nal., ms. lat. 1.518, fol. 7 v", 9 r", II; Bibl. de Douai, ms. L982, fol. 284 v" ; J. Hallcr, II, 387, 395, 41 i, 417, 137,152; Monum. Concil., II, 366 et suiv., 408; Ampliss. collect., VIII, 212.

2. Par exemple, dans l'affaire de l'évéclié d'Auxerre (ms. lat. 1517, fol. 107-109 ; ms. lat. 1518, fol. 9 r°; J. Haller, 1 1. 303; ms. 1982 de Douai, fol. 234 r°, et Ampliss. COllect., VIII, 583 .

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