‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 239 sur 396 · REPRÉSENTATIONS DE L'ANGLETERRE · texte numérisé non relu

REPRÉSENTATIONS DE L'ANGLETERRE

ailleurs encore, avec le consentement du duc de Gloucester, par l'évêque de Winchester, un des ambassadeurs du roi1. Il en sera question plus tard.

D'autre part, le serment imposé par les pères de respecter et de défendre les décrets antérieurs révoltait les consciences anglaises. La colère du gouvernement éclate dans une lettre qu'on fit écrire au jeune Henri VI le 17 juillet 1433. S'il avait différé, disait-il, l'envoi de nouveaux ambassadeurs, c'est qu'il savait le rôle passif et humilié auquel étaient réduits les premiers. N'avaiton pas refusé de les incorporer à moins qu'ils ne se soumissent à une condition dont il n'avait jamais été question auparavant? Dans quel ancien concile avait-on exigé des princes pareil serment ? C'était porter atteinte à leur indépendance. Dételles innovations n'étaient pas de nature à concilier aux pères la faveur générale : ce serait plutôt, pour beaucoup de princes, de prélats, de nations même, une cause d'abstention, et le concile cesserait d'être réputé œcuménique.

Après avoir insisté pour que ses ambassadeurs fussent dispensés de ce serment compromettant, le jeune roi, dans la même lettre, abordait un autre sujet de mécontentement. Quelques membres de l'assemblée, disait-il, perdant toute mesure, attaquent le saint-père d'une façon inconvenante : ce sont les brebis se ruant insolemment sur leur pasteur, les fils relevant la tête contre leur père. On renonce volontairement à la paix qui est près de se conclure, on rend inutiles les efforts du roi des Romains, on brandit contre le pape l'arme terrible d'un de ces procès qui ne pardonnent pas 2 !

1. Ms. Digby 66, fol. 6 r°. — A la suite (fol. 7 v°-9 v°) se lit, clans le même manuscrit d'Oxford, un mémoire commençant ainsi: « Quod in Concilio procedendum sit per naciones et non per deputationes suadetur sic. » L'un des meilleurs arguments consiste à soutenir que, chaque nation réclamant une réforme spéciale, on n'aboutira dans la voie des réformes que si l'on procède, non par députations, mais par nations. — Ce mémoire, qui se trouve aussi à Rome (Bibl. Angélique, ms- 118, p. 59-66), a été imprime par Mansi (XXX, 229-234).

2. Bibl. Angéliquede Rome, ms. 118, fol. 117-122; Th. Bekynlon, II, 61 ; Bibl.

Les ambassadeurs de France n'exercèrent pas, au début, la même influence modératrice. La passion d'un Talaru, bientôt partagée, sinon dépassée, par Philippe de Goëtquis, archevêque de Tours, les entraîna à favoriser le parti le plus avancé'. Ils ne pouvaient cependant totalement oublier les vœux pacifiques émis par l'assemblée de Bourges, les recommandations non moins conciliantes du roi, et, bon gré mal gré, ils se mêlèrent à quelques-unes des démarches que les envoyés des autres cours tentèrent pour enrayer le mouvement schismatique et révolutionnaire2.

Philippe le Bon avait donné à ses ambassadeurs, et renouvelé encore récemment, l'ordre de prendre la défense du pape et de s'opposer à sa suspension ou à sa déposition 3. Mais il n'allait pas jusqu'à s'intéresser à la conservation des droits du saint-siège. Ces difficultés canoniques embarrassaient peu les princes. La solution qui leur semblait à tous la plus raisonnable était la reconnaissance définitive d'Eugène IV, achetée par quelque complaisance : il leur semblait tout naturel que le pape, afin d'avoir la paix, consacrât des principes, approuvât des décrets dont ils ne se souciaient guère. Les ambassadeurs bourguignons s'abou-

Laurentienne, plut, xvi, ms. 13, fol. 77 sous la date du 27 juillet]; mauvaise copie, datée de 1-134, dans le ms. 1982 de Douai (fol. 385 v°), reproduite dans VAmpliss. collect.,Vlll, 724, et dans Mansi, XXX, 83J. — Henri VI écrivit aussi, le 23 juillet, aux ambassadeurs de la nation allemande à Bàle (Bibl. Angélique, ms. cité, p. 122), et, le 24, à ses propres ambassadeurs (Musée britannicpje, ms. Harley 826, fol. 49 r°j.

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