‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 25 sur 396 · XXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVI INTRODUCTION

l'usage, j'appellerai désormais le décret Fi^equens, obligeait le pape à désigner, avec l'approbation des pères, le lieu de réunion du futur concile durant le mois précédant la dissolution de l'assemblée. Or, le 19 avril, trois jours avant la session de clôture du concile de Constance, Martin V, d'accord avec les pères, désigna la ville de Pavie comme siège du prochain concile destiné à s'ouvrir dans un délai de cinq ans 1.

C'était une courte trêve, au terme de laquelle on pouvait aisément prévoir le renouvellement de la lutte entre les deux principes de la primauté apostolique et de la suprématie conciliaire. L'alerte causée par l'incident du 10 mai 1418 et le cri d'alarme de Gerson n'en étaient que l'annonce lointaine. Gêné par son passé et par les nécessités du moment, Martin V gardait encore une réserve équivoque. D'autre part, pour les chauds partisans du régime représentatif, l'heure de la dispersion avait sonné : hors d'état de contrôler plus longtemps l'application des règles qu'ils avaient posées, ils ne pouvaient que se donner rendez-vous à la session prochaine.

Le pape, malgré certains symptômes inquiétants, accepterait-il alors le rôle subordonné auquel le condamnaient les décrets ? Ce serait la fin de la monarchie pontificale. Au contraire, les hommes qui avaient si fort exalté la souve-

Constantie, sed Rome quoque in electione felicis recordationis Eugenii extitil observatum. » (Bibl. Angélique de Rome, ms. 90, 4° foliot., fol. 3 r°.) Le contraire est affirmé dans un traité composé vers 1432 : « Illa constitutio [Frequens] facta fuit Sede vacante apostolica, nec fuit auctorizata per Papam, nec expresse approbata, et ita non tenet, neque valet. » (Bibl. Vat., ms. lat. Vat. 4138, fol. 14 r°.)

1. Monnm. Concil., 1,2. — C'est à cet acte que fait allusion le biographe de Martin V quand il rapporte que «„par sa bulle» le souverain pontife approuva la constitution Frequens (L. Duchesne, Liber pontificalis, II, 517).

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