‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 257 sur 396 · Monum. Concil., II, 561 ; cf. p · texte numérisé non relu

Monum. Concil., II, 561 ; cf. p

5. Parmi les défenseurs des droits du saint-siège à l'époque d'Eugène IV, les écrivains des derniers siècles ne connaissent et ne citent guère que Jean de Tor-

cloute encore de l'existence de cet auteur distinct, indépendant du pape et seul responsable de la composition du document.

Un chapitre inédit de l'Histoire de Jean de Ségovie nous révèle, il est vrai, un nom qui fut prononcé, celui d'Antoine de Roselli d'Arezzo, auquel beaucoup de contemporains, paraît-il, attribuaient la rédaction de la bulle *. Mais ce n'est là qu'un faible indice, et nous serions encore plongés dans l'incertitude qui régnait en 1433, si l'auteur lui-même de l'encyclique ne se dénonçait dans une lettre qu'on peut lire, à Florence, dans un manuscrit de la Bibliothèque Laurentienne.

Antoine de Roselli (c'est bien de lui qu'il s'agit), écrivant à Eugène IV et rappelant la lecture faite à Bàle de la bulle Deus novit, non seulement en défend la doctrine, en vante la clarté lumineuse, l'impitoyable logique, mais en revendique expressément la paternité : « la lettre fabriquée par moi », dit-il en propres termes, « epistola a me confecta c/uœ incipit Deus novit » 2.

Cet Antoine de Roselli n'est pas le premier venu. Juriste, fils de juriste, il s'était fait connaître par un grand nombre d'ouvrages de droit. Martin V, puis Eugène IV l'avaient honoré de leur faveur. Gomme avocat consistorial, on l'avait vu mêlé à des

quemada. Aussi l'idée leur est-elle venue de lui attribuer la composition de la bulle Deus novit (H.-L.-C. Maret, Du concile général et de la paix religieuse, I, 485). Ils n'ont pas réfléchi, ou n'ont pas su qu'à cette époque Torquemada se trouvait, non point à Rome, mais à Bàle, où il représentait le roi de Castille.

1. « In fine autem hujusmodi allegationum assertiones ille sunt que pro magna parte continentur in bulla Deus novit, ut multi asseruerunt, per ipsum Antonium de Rosellis édita. » (Lib. XIX, cap. 28.) — Dans un ms. du xvie siècle (Bibl. Vat., ms. lat. Vat 4189, fol. 170), un mémoire composé par Louis Pontano en 1438 est précédé du titre suivant : « Incipit Epistola pro veritate catholica ac justificatione S. Concilii Basiliensis defendenda, composita a Lodovico de Roma contra bullam que non est per Dominum nostrum promulgata ; sed dicitur Antonius de Rosellis fecisse. » L'auteur du titre a certainement en vue la bulle Deus novit, bien que Louis Pontano, dans ce mémoire, n'y fasse aucune allusion directe.

2. Bibl. Laurentienne. plut, xvi, ms. 13, fol. 128 r°. Je donne tout ce passage plus loin, p. 289, note 2.

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