‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 260 sur 396 · ANALYSE DE LA BULLE DEUS NOVIT · texte numérisé non relu

ANALYSE DE LA BULLE DEUS NOVIT

empruntée au titre de son livre : « Monarque en l'un et l'autre « droit » . Ce sont les mots qui se lisent à la suite de son nom dans un traité dédié au doge de Venise en 1444 l, et également dans l'épitaphe de son tombeau en l'église Saint-Antoine de Padoue.

Il passa toute la fin de sa vie à enseigner le droit dans cette dernière ville, soit qu'il se soit séparé d'Eugène IV en bons termes 2, soit qu'il ait fui de Rome mécontent du saint-père : après lui avoir promis le chapeau de cardinal, Eugène, dit-on, le lui refusait et motivait son refus sur ce que Roselli était « bigame », au sens canonique du mot 3.

Antoine de Roselli mourut en 1466, ne croyant plus, au dire d'un de ses élèves, « à rien de ce qui dépasse le toit des mai- « sons 4 », ce qui veut dire apparemment qu'il était tombé dans le matérialisme.

Tel est le défenseur des droits apostoliques qui, plus ou moins spontanément, rédigea, sous la date du 1 3 septembre 1433, la Tameuse bulle Deus novit, dont il me reste à faire connaître les traits caractéristiques.

« Les prescriptions du décret Frequens ne sont pas telles qu'un « pape ne puisse en aucun cas s'en affranchir. Quelles qu'aient été, « à cet égard, les intentions de Martin V, ce pontife n'a pu porter « atteinte au droit de ses successeurs, dont la puissance demeure « égale à la sienne. Le concile, en de telles matières, étant au- « dessous du pape, ne saurait lui lier les mains. Le souverain « pontife, en qualité de vicaire de Jésus-Christ, a le droit de « supprimer tous statuts ou décrets émanés d'un pape ou d'un

1. Bibl. Saint-Marc, ms. L. iv. 4. Cf. Tiraboschi, VI, i, 523; J. Valentinelli, Bibl. manuscripta ad S. Marci Veneliarum, Cod. manuscr. lalini. t. II, p. 305.

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