‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 270 sur 396 · LA GUERRE DANS LE COMTAT- VENAIS SIN · texte numérisé non relu

LA GUERRE DANS LE COMTAT- VENAIS SIN

si ces moyens de douceur ne suffisaient pas, les orateurs recouraient aux menaces, prédisant aux rebelles des châtiments terribles dans ce monde et dans l'autre. Les gens d'armes commentaient ces discours, à leur manière, en saccageant champs et vignobles. Bollène se rendit le premier jour, Malaucène le surlendemain, Garpentras le 13. Le vicaire du pape entrait au son des cloches. Les habitants des villes conquises se joignaient aux envahisseurs. Dès ce moment, les syndics d'Avignon, en adressant à Bâle un appel désespéré, constataient que la plupart des places du Comtat étaient au pouvoir de l'ennemi l.

La conquête d'Avignon fut un peu moins facile. Commencé le 15 mai, le siège se prolongea durant près de deux mois '2. Il coûta cher à Pierre deFoix, au moins pour le moment 3. Des catapultes lancèrent de loin des quartiers de roche qui endommagèrent les immeubles et même une partie de leurs habitants 4. Le concile, pendant ce temps, s'agitait, parlait de poursuites 5 et rappelait inutilement à Villandrando ses promesses fi. Vint un jour où, dans Avignon, le parti de la résistance dut céder à celui de la capitulation. On abattit alors les armes de Garillo, on expulsa l'archevêque d'Auch, gouverneur du Palais, et Pierre de

1. Letlre du 12 mai, avec post-scriptum daté du 13 (ms 1982 de Douai, fol. 237 v° ; Ampliss. eollect., VIII, 592) ; Rey, p. 258 ; Miguel du Bernis, p. 595. Cf. le récit, un peu dramatisé, de M. F. de Grailly (p. 12).

2. Miguel du Bernis, p. 595. — Le cardinal de Foix, dans son testament, parle d'au moins deux mois (Ehrle, p. 506).

3. Ehrle, p. 506. — J. Quicherat (p. 97, 253, 25-i) fait erreur en supposant que les frais de la guerre restèrent à la charge des États du Languedoc, rassemblés au mois de juin, à Villeneuve-lès-Avignon (cf. Flourac, p. 163-165). Il serait plus juste de dire que ces frais furent remboursés, au moins partiellement, parles Etats du Comtat. ou du moins — car les nobles firent" une longue résistance — par le clergé et par les villes (Arch. de Vaucluse, C 12, fol. 54, 55; cf. J. Girard, Les Etats du comté Venaissin, p. 90).

Page 1