LA MÉDIATION DES PUISSANCES A BALE
du saint-siège. En d'autres termes, ils rééditaient les propositions d'Eugène IV l.
Aux remontrances d'ordre général chacun joignait ses doléances particulières. Sigismond, qui, en Italie, avait tant négocié, tant écrit, et qui, ayant alors terminé ses conférences avec le pape, s'acheminait vers Bâle, se trouvait mal payé de son dévouement et de sa peine : il demandait qu'on eût au moins la politesse de l'attendre 2.
Le jeune Henri VI, de plus belle, insistait pour le rétablissement du vote par « nations » et pour la suppression du serment qui impliquait la reconnaissance de tous les décrets : si on ne lui accordait pas cette double satisfaction, ses ambassadeurs renonceraient à se faire incorporer et se rapprocheraient de l'Angleterre 3.
Charles VII témoignait en faveur de l'union un zèle inusité, que seule peut expliquer la chute récente de la Tremoïlle. On sait que la belle-mère du roi, Yolande, reine de Sicile, qui avait eu tant de part à l'enlèvement tragique du Grand chambellan, reprit, aussitôt après, possession du pouvoir4 ; mais on ignore qu'à peine la Tremoïlle disparu, elle adressa au roi, tant en son
1. Bibl. Angélique de Rome, ms. 118, fol. 142-149, et Mansi, XXX, 617-621. J. Haller, II, 465, 477; Monum. Concil., II, 410; Deutsche Reichstagsakten, XI, 57, 72, 74.