‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 287 sur 396 · Monum. Concil., II · texte numérisé non relu

Monum. Concil., II

2. C'est ce qu'avaient dit, la veille, en présence de l'Empereur, les familiers du cardinal. — Par procuration en date du 8 juillet 1432, le roi de Chypre avait chargé le cardinal de Lusignan de le représenter auprès du pape et du concile. Le cardinal, par acte daté de Naples, le 20 mars 1433, transféra ce pouvoir à deux des pères de Bàle, Guillaume Brillet, évèque de Rennes, et Bertrand de Cadoène, évèque d'Uzès (Bibl. Laurentienne, ms. Strozzi 33, fol. 73 v° ; Bibl. Vat., ms. lat. Vat. 4184, fol. 117 r°).

3. Le fait est confirmé, en ce qui concerne Casanova, par une lettre écrite, d'Avignon, le 2 octobre [1433] : « Dominuscardinalis S. Sixti, O. P., est Janue et venit versus Avinionem. Privatus est beneficiis suis, et vult manere cum domino cardinali de Fuxo in Palatio : sic scripxit manu propria, supplicando humiliter quatenus illum velit habere recommissum apud sanctissimum dominum nostrum

Enfin Cesarini fît l'usage le moins discret d'un document connu à Bâle avant même les bulles du mois d'août, mais dont il eût pu se donner la peine de vérifier l'authenticité avant d'en flétrir si durement les tendances « hétérodoxes », je veux parler de la fameuse encyclique Deus novit. Gomment une copie du projet d'Antoine de Roselli parvint-elle à Bâle le 10 octobre ? D'où vient que, dès le lendemain, la députation de la Foi en avait pris connaissance et, fort émue, demandait qu'on en donnât lecture en assemblée générale, devant l'Empereur, tandis qu'une commission serait chargée d'en rechercher la provenance. On assurait que des exemplaires en avaient été déjà transmis à certains princes. A la lecture de cette pièce, Nicolas Tudeschi, disait-on, avait refusé d'assumer de nouveau la charge de nonce et, de Constance, où il se trouvait, venait de repartir pour l'Italie, déclarant qu'il devenait impossible de soutenir le pape plus longtemps * ; et l'on ne se demandait pas si les manœuvres du roi d'Aragon n'avaient point, plus que le spectacle de l'intransigeance romaine, contribué à détacher du service d'Eugène IV l'ambitieux canoniste 2. Aux yeux de Cesarini, cette bulle « empoison- « née » contenait tant d'hérésies que le concile ne pouvait pas s'en désintéresser: il fallait qu'Eugène IV fût interrogé sur sa foi. Et, remarquait insidieusement le légat, cette pièce prétend noter d'hérésie les pères et tous leurs adhérents, par conséquent, jusqu'à l'Empereur, jusqu'aux princes si nombreux — il se plaisait à les énumérer — qui sont intervenus en faveur du synode ou lui ont simplement donné le titre de « concile ». Insisterait-on encore pour que de nouvelles démarches fussent faites auprès d'un pape

Papam. » (Bibl. Laurentienne, plut, xvi, ms. 13, fol. 106 r°.) Casanova avait été dépouillé notamment de son église de Girone. Cf. J. Haller, II, 496, 508; Deutsche Reichstagsakten, XI, 66.

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