‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 289 sur 396 · Monum. Concil,, II · texte numérisé non relu

Monum. Concil,, II

rassuré sur les suites de l'affaire Capranica : le concile pourrait lui garantir l'assoupissement du procès et, pour calmer tous les scrupules, suppléer conditionnellement à ce qui manquait peutêtre à la validité de son titre. Cette proposition ne fît qu'égayer les pères : elle leur révélait à quel point ils tenaient le pape dans leur dépendance. « Dites-vous cela de vous-même, demanda « Cesarini, ou le saint-père vous en a-t-il chargé? — Bien « mieux, il m'en a prié. — C'est donc que la papauté lui plaît, « et qu'il ne trouve pas le fardeau trop lourd ! » Un autre, l'abbé de Vézelay, fît observer ironiquement qu'Eugène IV ne pourrait plus reprocher au concile de pourvoir à des bénéfices, puisqu'il lui demandait de le pourvoir lui-même de la papauté. D'ailleurs, le cardinal Cervantes dénonça le caractère simoniaque de l'expédient ; il objecta aussi l'accusation d'hérésie pesant actuellement sur Eugène, d'où résultait qu'il eût été téméraire de donner à ce pape la moindre garantie. Bref, bien que la motion, présentée par l'Empereur comme favorable à l'Eglise plutôt qu'à un pontife dont il était le premier à déplorer le choix, eût rallié les suffrages des Electeurs, des barons allemands, des ambassadeurs de France, de Venise, etc., le concile l'écarta impitoyablement '. On voit le parti que les adversaires du pape continuaient de tirer de la bulle Deus novit, dont on ne savait toujours pas si elle était authentique ou fausse. Le 17 octobre, lecture publique en fut donnée devant 2.000 personnes. Au milieu de la stupéfaction causée par cette révélation, le procureur de la foi signala le danger d'un tel recours aux puissances séculières : il y avait là, selon lui, l'indice d'une doctrine perverse, tendant à placer l'Eglise sous la dépendance des princes, doctrine dont les adeptes osaient se montrer àBâle, puisque, la veille, un nonce avait eu le front de soutenir que la voix d'un seul ambassadeur l'emporte sur celles de trente évêques. La prétendue encyclique fut renvoyée

1. Monam.Concii., Il, 500, 503, 501 : J. Huiler. II, 510, 513: Deutsche Reichstagsahten, XI, 169.

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