LA DOCTRINE DE LA SUPREMATIE CONCILIAIRE IX
sitipns à ce même décret, entre autres celle des cardinaux ' : il n'était pas impossible de soutenir qu'un tel acte fût entaché de précipitation et d'irrégularité 2.
Pourtant ce désaveu de la doctrine proclamée au début du concile de Constance n'aurait-il pas pour conséquence de ruiner l'œuvre d'élimination qui avait si heureusement ramené l'unité dans l'Eglise? Pas nécessairement. Je m'explique. La déposition de Jean XXIII avait été ratifiée parce pontife lui-même3, en sorte qu'on pouvait considérer Balthazar Gossa comme écarté du siège apostolique moins par le vote des pères de Constance que par sa propre volonté. Le même concile n'avait point eu à user de son autorité à l'égard de Grégoire XII, qui avait abdiqué tardivement, mais spontanément4. Seule la déposition de Benoît XIII, contre laquelle celui-ci n'avait cessé de protester, ne s'expliquait que par un pouvoir de haute juridiction que l'Eglise assemblée à Constance aurait exercé à l'encontre du vieux pontife aragonais.
Il en résulte que, suivant l'opinion qu'on avait de la légitimité de tel ou tel des anciens papes rivaux, on se dégageait plus ou moins facilement des principes posés en 1415. Ceux qui croyaient que Clément VII et, après lui, Benoît XIII avaient été de véritables successeurs de saint