‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 30 sur 396 · APPREHENSIONS DU PAPE · texte numérisé non relu

APPREHENSIONS DU PAPE

Martin V ne pouvait oublier cependant l'échéance qui devait amener la réapparition de « l'Eglise » assemblée en concile.

De quel œil voyait-il approcher ce moment?

Un contemporain, que la plupart des historiens copient, nous l'indique clairement : « Le seul nom de concile faisait horreur à «Martin V '. » Il convient d'ajouter que l'auteur en question est quelque peu suspect : car, à l'époque où il écrivait, il avait pris parti dans la querelle de Bâle contre la papauté, et, toute sa vie, il demeura adversaire passionné de la suprématie romaine 2. N'empêche que son témoignage est difficile à écarter. Othon Colonna, assurément, n'avait pas toujours eu cette aversion pour les conciles : il avait contribué à réunir celui de Pise ; il avait reçu la tiare de celui de Constance. Mais il se peut précisément que l'expérience acquise dans ce contact prolongé avec la multitude et le souvenir des mouvements tumultueux de cette mer orageuse lui aient inspiré à l'égard des assemblées délibérantes une méfiance insurmontable.

Ce qui est plus certain, c'est qu'autour de lui les pronostics étaient sombres et les avis peu rassurants. Ecoutons ceux que lui donnait un français, le cardinal de Saluées : « Saisissez un « prétexte plausible pour ne pas célébrer de concile. Si pourtant « vous ne pouvez l'éviter, convoquez l'assemblée en un pays sûr « et ami, envoyez-y des hommes de confiance, mais gardez-vous « d'y aller vous-même. La présence du pape au milieu d'un « synode n'est opportune que s'il peut craindre la rivalité d'un

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