CAPITULATION DU PAPE
tandis qu'il gardait le lit, brisé peut-être par tant d'émotions, ne procéda pas de sa pleine et libre volonté *.
La bulle du 15 décembre diffère singulièrement de la bulle du 1er août dont elle reproduit une partie : elle est exactement conforme au modèle dicté par les pères dans leur quatorzième session 2.
Le concile a été légitimement commencé. Son programme comprend la réforme générale de l'Eglise et dans son chef et dans ses membres. C'est bien une dissolution, et non une simple translation, que le pape a prétendu faire ; mais on ne le laisse plus, pour expliquer cette tentative, alléguer l'inexactitude de ses informations : il importe que la faute se montre sans excuse. Ici reparaissent les expressions decernimus et declaramus que le saint-siège avait écartées ; le pape ne « révoque » plus la dissolution, mais la « déclare » nulle et vaine : on saisit la nuance. Le concile a donc été légitimement « continué ». Il va sans dire que, des conditions insérées dans la précédente bulle, — admission de présidents, révocation de décrets, — il ne peut plus être question. Ce qui est révoqué formellement, c'est la bulle Inscrulabilis du 29 juillet, c'est la bulle In arcano du 12 septembre, c'est même, en tant que besoin, l'encyclique Deus novit, bien qu'Eugène se défende d'en être l'auteur 3. Sont révoquées aussi toutes censures, suspenses ou dépositions prononcées
1. Georges Cesarini écrit, de Baie, le 5 février 1434, à Mathieu Correr, secrétaire clu marquis de Mantoue : « Nonnulli summopere mirantur quomodo fuit possibile ipsum ad hoc aliquo modo adduci posse, maxime quando nunquam fuit modus ut aliquod signum preberet se bonam intentionem habere circaConcilium. Multi vero suspicantur quod ipse adeo gravatus non sit a Nicola de Fortebrachiis et aliis armigeris ut necesse fuerit sibi ita agere. . . » (Archivio Gonzaga de Mantoue, Carteggio, degV inviatiecV altri né Svigzeri, Exvii, n° 3.) Cf. Thomas Ebendorfer (p. 123), qui accompagne la mention des bulles du 15 décembre de cette exclamation : « Utinam tam ex intimis cordis quam exterius exaratum in scripturarum litteris ! » V. enfin J. de Torquemada, Summa de Ecclesia, lib. II, cap. 100.