Lettre d'JEneas Sylvius (Concil. Basil., V
2. Lettre des envoyés vénitiens du 12 octobre 1433 [Deutsche Reichstagsakten, XI. 83).
3. Au vote du 5 décembre 1436 prendront part environ 109 Français, 100 Allemands ou Hongrois, un peu plus de 50 Italiens et à peine 10 Espagnols. Cf. .Eneas Sylvius, De rébus Basileie yeslis, p. 46.
présumées de chacun, entre, les quatre « députations » * : c'était «T Eglise universelle ».
A cette assemblée le Christ avait remis ses pouvoirs. Le souffle de l'Esprit saint s'y faisait perpétuellement sentir. Elle avait le droit de tout définir, de tout réformer, de tout gouverner, particulièrement celui que son titre de successeur de saint Pierre plaçait seulement au premier rang de ses serviteurs, et dont elle venait de vaincre, d'ailleurs, l'insupportable résistance.
Dans toutes les cérémonies paradait un brillant état-major, comprenant jusqu'à sept cardinaux, trois patriarches, une cinquantaine d'évêques ou d'archevêques, ce qui, en y joignant les abbés, portait parfois le nombre des mitres à plus de cent2: je ne parle pas de l'Empereur et des seigneurs de son entourage, ou des chevaliers et laïques complétant les pompeuses et jalouses ambassades princières. Mais cette élite était noyée sous le flot grossissant des docteurs, des licenciés, des simples bacheliers, des chanoines, des clercs de toute catégorie, des religieux surtout et des frères Mendiants 3. Il y avait eu pourtant des barrières élevées à plusieurs reprises contre cet envahissement : les bacheliers ne devaient être admis que s'ils étaient personnes graves, ayant enseigné ou du moins fait de sérieuses études; les Mendiants devaient offrir un aspect présentable et produire une permission de leurs supérieurs4 ; d'une manière générale, les religieux ne devaient coopérer qu'aux travaux concernant la réforme •* ; enfin l'on s'en liait au discernement de la commission des Douze, instituée pour prendre toutes sortes d'initiatives. Effectivement, les réclamations, nombreuses au dedans et au dehors, produisirent