‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 309 sur 396 · Monum. Concil., *Ll · texte numérisé non relu

Monum. Concil., *Ll

3. Modus procedendi in Concilio (ms. 1982 de Douai, fol. 151 v°-153 v°; Mansi, XXIX, 377 ; Monum. Concil., II, 260, 272).

4. Ces discussions sur la qualité des suppôts et sur la toute-puissance du nombre étaient, à Bâle, «le pain quotidien», suivant l'expression de Jean de Ségovie. Parmi ceux qui revendiquèrent le plus obstinément le droit des prélats, il nomme le cardinal Cervantes, l'évêquc de Cuencaet lui-même. Il cite une décision importante prise en l'absence de tout cardinal, de tout prélat, de tout abbé, de tout maître en théologie (De magna auctoritate episcoporum: passage reproduit par J. Haller, I, 40, note 4;.

5. C. Fea, Pius II, pontif. ma.r., a calumniis vindicatus (Rome, 1823, in-8°), p.

6. E. Cecconi, Sludi storici sul concilio di Firenze, p. dxcix.

bâlois lui-même auraient offert au monde un spectacle des plus édifiants1. Point de vêtements rouges ni verts, point de manches pendantes, point de fourrures ni de bagues, ni de ceintures d'or ou d'argent, ni de luxe d'aucune sorte ; une table frugale, assaisonnée de lectures pieuses. La suite des prélats devait être peu nombreuse. Si leurs serviteurs étaient dans les ordres, ils devaient prendre l'habit de clercs et non porter la livrée d'écuyers, de toutes façons, renoncer aux vêtements partis, ainsi qu'à l'habitude de promener des oiseaux, de circuler la nuit, d'amener chez eux des filles. Pour les prêtres, l'obligation de célébrer souvent la messe était jointe à celles, qui s'imposaient à tous, de se confesser fréquemment, de jeûner une fois la semaine et de faire l'aumône. Durant les offices, on proscrivait les conversations, en tout temps, les propos querelleurs et les paroles malsonnantes. Il était défendu de fréquenter les spectacles, les danses, les tournois, les jeux; on avait la ressource de suivre un cours de droit canon ~. Je ne parle pas des avertissements et des menaces adressés aux clercs concubinaires :\ Gomme des prêtres de Bàle alléguaient leur pauvreté qui les empêchait, disaient-ils, de se procurer des servants de messe, on leur répliqua crûment que beaucoup d'entre eux trouvaient bien de quoi entretenir des servantes pour les assister de jour et de nuit4.

En dépit de cette sévérité, les pères et les gens de leur suite fournirent sans doute quelques nouvelles preuves de la fragilité humaine. En tout cas, quand les Tchèques vinrent à Bàle, ils furent scandalisés de voir un cardinal faire son entrée précédé de douze mules caparaçonnées de rouge et de constater que d'autres membres du sacré collège faisaient porter la queue de leur robe dans les rues •'.

1. Modus vivendi in Concilio (Bibl. nat., ras. lat. 1575, fol. 194; Ampliss. collect., VIII, 242); Avisamenta de regimine suppositorum Concilii (Monum. Concil., IL 268). Cf. ibid., p. 219-224, et t. I, p. 115 ; J. Haller, II, 224,236; III, 16.

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