DISCIPLINE OBSERVÉE A BALE
Il fallait veiller aussi à ce que la multitude des clercs incorporés ne prît pas des habitudes oisives, fréquentât réellement les messes, les députations '. Puis, pour garder à cette armée sa cohésion, il importait de surveiller les correspondances, de réprimer les écarts. Outre l'obligation du serment, qui souleva tant de protestations '2, il fut décidé que tout suppôt qui aurait reçu un bref, une lettre, etc., serait tenu de le révéler, sous peine de parjure, au président de sa députation 3. Parler ou agir contre le sentiment de la majorité, c'était s'exposer à des poursuites, comme turhator Concilii 4. Qu'on joigne à cela l'impossibilité de fausser compagnie aux gens de Bàle à moins d'autorisation •', et l'on comprendra que les suppôts sentissent parfois peser sur eux quelque contrainte.
Toutefois le rôle important auquel ils se haussaient, les compliments et les succès qui les grisaient, les maximes qui avaient cours à Bàle, l'air qu'on y respirait, tout contribuait à entretenir parmi eux un esprit belliqueux et une confiance imperturbable. Leur sécurité s'augmentait encore des assurances que leur prodiguaient des canonistes de haut renom dans des écrits où l'érudition le dispute à la hardiesse. Je ne citerai que le traité de Jean Mauroux, patriarche d'Antioche, où est contesté au pape le droit de porter le titre de « souverain pontife » 6, et le De Concor-