‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 324 sur 396 · CONQUÊTES DE FRANÇOIS SFORZA · texte numérisé non relu

CONQUÊTES DE FRANÇOIS SFORZA

de faire un des présidents du concile '. Arrêté, menacé de mort, affublé d'un costume grotesque, souffleté, insulté de la façon la plus grossière, le prélat finit par gagner Ravenne, où il put échanger ses doléances avec Vitelleschi. Pendant ce temps, Forli se donnait à Antoine Ordelaffi, qui avait eu soin d'appeler les troupes milanaises 2.

En Ombrie, c'est François Sforza qui maintenant débouchait à la tête dune armée grossie par la renommée de ses faciles conquêtes. Et aussitôt Todi ouvrait ses portes 3 ; Nocera était enlevée, le siège mis autour de sa citadelle. Plus près de Rome encore, Sforza s'emparait dAmelia et de San Gemini. S'attaquant enfin au Patrimoine, il acquérait, grâce à la trahison du gouverneur (encore un homme de Recanati), l'imprenable place de Soriano. Puis c'était au tour de Magliano, de Castiglione in Teverina, d'Otricoli, etc., en dernier lieu, de Toscanella (25 février) 4.

N'oublions pas que Fortebraccio, maître de la plus grande partie de la Campanie et de la Maritime, continuait d'étendre ses dévastations jusqu'aux portes de Rome. Dans le Patrimoine, il s'était emparé récemment de Montefîascone ; il menaçait tantôt Rieti et tantôt Orvieto. Les malheureux Romains, dépouillés de leurs troupeaux, astreints à monter la garde, avaient, en outre, la lourde charge de l'entretien des troupes papales, notamment de celles d'Attendolo, dont ils constataient l'inutilité 5.

Page 1