‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 33 sur 396 · MAINTIEN PROVISOIRE DU CHOIX DE PAVIE · texte numérisé non relu

MAINTIEN PROVISOIRE DU CHOIX DE PAVIE

Faut-il aller plus loin et croire que Martin V essaya d'esquiver l'obligation de tenir un synode? C'est ce qui ne résulte pas de sa lettre aux maîtres parisiens. C'est ce qui ressort encore moins des instructions qu'il envoya à l'archevêque de Mayence : dans un concile provincial, celui-ci devait mettre en délibération les questions destinées à être inscrites au programme du futur concile œcuménique ; les procès-verbaux devaient être envoyés à Rome le plus vite possible, de manière à ce qu'on eût le temps d'étudier mûrement ces sortes de cahiers préparatoires. Que la future assemblée prît des mesures utiles au salut des âmes, à la réforme, à la pacification, le pape le souhaitait ardemment, disaitil1.

A en croire Jean de Raguse, Martin V cependant se montrait tiède et lent à préparer le concile. Mais il faut peut-être ne pas accorder une confiance entière aux maussades doléances de ce témoin partial. Avec une insistance où perce le désir de faire valoir son rôle, Jean de Raguse explique que le besoin de renouveler chaque jour ses instances en faveur du concile l'obligea de demeurer à Rome pendant quatre mois, au détriment de sa bourse, et qu'il eut, en outre, le désagrément de se sentir mal vu du pape, ainsi que d'un grand nombre de prélats à qui la perspective du concile était désagréable. Pourtant c'est uniquement à ses efforts qu'il attribue l'expédition des bulles du 22 février 1423 2.

Dans tous les cas, il était temps d'aviser: le délai de cinq ans allait expirer. Le choix de Pavie fut maintenu, provisoirement au moins. A vrai dire, quatre personnages, chargés par le

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