‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 338 sur 396 · V. son bref, déjà cité, du 12 juillet · texte numérisé non relu

V. son bref, déjà cité, du 12 juillet

3. N. délia Tuccia, p. 137-140; cf. Nerii Capponii vilu, col. 492.

laissé faire, heureux au fond des embarras au milieu desquels il voyait Eugène IV se débattre. C'est ce qui apparaît manifestement dans les délibérations de la fin de l'année 1433, alors que la résistance du pape durait encore ou que les pères ignoraient sa capitulation.

En vain l'Empereur leur dénonçait les progrès de Fortebraccio, derrière lequel, non sans raison, il devinait la main du Visconti, et s'étonnait de leur indifférence au spectacle de la ruine du pouvoir temporel de l'Eglise *. En vain il leur montrait trois lettres toutes prêtes à envoyer à Philippe-Marie, à Fortebraccio-, aux vicaires du saint-siège, pour arrêter l'envahissement, encourager la résistance, annoncer des secours, et il les exhortait à suivre son exemple. Vainement enfin des membres de l'assemblée faisaient remarquer que, Fortebraccio et Sforza colportant des lettres du concile et paraissant agir sous le couvert de son autorité *', le silence des pères équivaudrait à un aveu. On répondait à cela que, contre un pape qui refusait de se rendre à la raison, toute violence était légitime, que le concile ne pouvait se porter au secours de l'auteur hérétique de la bulle Deus novit ; l'aider à reprendre les provinces qu'il s'était aliénées par son mauvais gouvernement, ce serait le rendre plus opiniâtre dans sa résistance à l'Église ; au surplus, on ne devait point faire affront au duc de Milan avant d'avoir la preuve de sa complicité. Bref, les pères non seulement refusèrent d'écrire en Italie dans le sens indiqué par l'Empereur : ils voulurent empêcher Sigismond d'y intervenir, de peur de favoriser le schisme et l'hérésie. Tout ce qu'ils proposèrent, c'est l'envoi d'un légat qui, au nom du concile, se ferait

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