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PRÉCAUTIONS PRISES PAR LE PAPE

pontife, de frapper les opposants, d'invoquer au besoin le secours du bras séculier, de transférer, comme on l'a vu, et aussi de proroger, de dissoudre le concile : Martin V promettait sa ratification. Ces formules sont éloquentes. Elles prouvent la volonté du pape de demeurer, par ses représentants, le chef agissant et dirigeant de l'assemblée. Plus tard, un avocat du saint-siège en pourra tirer argument, en faisant remarquer que Martin V ne jugeait pas que rien fût changé dans la constitution de l'Eglise et ne se croyait point, en vertu des décrets de Constance, plus subordonné aux conciles que ne l'avaient été ses prédécesseurs i .

Il semblait, d'ailleurs, que Martin V se souvînt d'un des conseils du cardinal de Saluées : il se tenait prudemment à l'écart. Des empêchements multiples s'opposaient, paraît-il, à son déplacement, quelque désir qu'il eût de présider en personne. Il expliquait de façon semblable l'absence des cardinaux.

Réforme du clergé, réunion de l'Eglise grecque, pacification de l'Europe, défense des libertés de l'Eglise, condamnation des hérésies, telles étaient les grandes œuvres qu'il inscrivait luimême au programme de l'assemblée.

Des quatre légats, trois furentexacts au rendez-vous de Pavie. C'étaient un noble vénitien, ancien notaire apostolique, Pierre Donato, archevêque de Crète 2, Jacques de Camplo, évêque de Spolète, ancien auditeur des causes du sacré Palais3, et Léonard

1. Nicolas de Cues (Monum. Concil., III, 3142). Cf. Rodrigue Sanchez d'Arévalo, DiaLogi de remediis scismatis (Bibl. Vat., ms. lat. Vat. 4002, f° 33 r°).

2. Ughelli, Italia sacra, V, 455; Eubel, Hierarchia cath. medii œvi, I, 404.

3. Ughelli, I, 398, 1149, 1267 ; Eubel, I, 414, 486; Gallia christ., I, 908; Monum. Concil., I, 11. — On l'appelle aussi parfois Jacques de Turcis ou de Turdis. Ne pas le confondre avec Jacques de Briciis ou Buccii, évêque d'Aquino, transférée Spolète, le 7 juillet 1424.

di Stagio Dati, général des Dominicains 1 ; ces deux derniers, comme délégués de la « nation italienne », avaient figuré naguère au conclave de Constance et participé à l'élection de Martin V. Le quatrième légat rejoignit ses collègues plus tard : c'était un ancien conseiller du précédent duc de Milan, Pierre, abbé de Rosazzo, fils du comte Filippino Emili, de Brescia ; il devait à la faveur et a la quasi-adoption du pape le privilège de porter le nom de Golonna -2.

Les trois premiers légats ouvrirent le nouveau concile le 23 avril 1423, c'est-à-dire, à un jour près, cinq ans après la clôture de celui de Constance 3. Il faut au moins reconnaître au pape le mérite de la ponctualité.

Les débuts d'un concile sont toujours languissants. Craignant de gaspiller leur argent et leur temps, les prélats remettent de semaine en semaine leur départ, afin de n'arriver au lieu du rendez-vous qu'au moment précis où s'ouvrent les débats intéressants. C'est ainsi que les légats ne trouvèrent à Pavie que deux abbés bourguignons. Si Jean de Raguse y fait figurer, le jour de l'ouverture, de nombreux évêques, abbés, docteurs, etc., de diverses nations, c'est peut-être que cet historien est enclin à l'exagération ; c'est aussi que les légats durent, pour la circonstance, réquisitionner un certain nombre d'ecclésiastiques du voisinage4. Notons pourtant, dès l'origine, la présence à Pavie de l'évêque de Posen et celle de Jean de Raguse lui-même, qui n'était pas si mal qu'il dit dans l'esprit de Martin V, puisque le pape l'avait chargé du discours d'ouverture 5.

1. Quétif et Écharcl, Script, ord. Prêedicat., I, 755. .2. Mansi, Concil., XXVIII, 1057.

3. Procès-verbal de la réunion préparatoire tenue, le 22 avril, à l'évêché (R. Maiocchi, II concilio générale di Pavia del l-'/'23, dans Piivista di scienze storiche, 1907, p. 106-411).

4. On voit figurer dans l'assemblée du 22 les évêques de Pavie, d'Alexandrie, de Lodi et de Côme, trois abbés et divers chanoines ou dignitaires du clergé de Pavie {ibid., p. 408).

5. L. Duchesne, Liber pontificalis, II, 520 ; Monum. Concil., I, 10.

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