LE CONCILE ABUSE DE SA VICTOIRE
Bâle, au contraire, voulaient s'en prévaloir. Heureux de la réconciliation, ils l'étaient certainement, mais surtout heureux de leur victoire, qui mettait le pape dans leur dépendance, et dont ils se promettaient de tirer tout le parti possible. On ne devait pas tarder à s'en apercevoir.
Quand Eugène IV voulut rappeler des employés de la Chancellerie apostolique, scriptores ou abréviateurs, incorporés au concile, on se récria que ces officiers étaient indispensables à Bâle, et l'on se plaignit que le pape cherchât, par des voies indirectes, à désorganiser le synode i.
Si, par hasard, les Grimaldi, au cours d'un procès soutenu contre l'évêque de Grasse, avaient l'audace d'en appeler du concile au pape, on s'indignait de cette insulte à la suprématie conciliaire, on en rendait responsable la doctrine pernicieuse de l'encyclique Deus novit, que le procureur de la foi n'avait pas renoncé à poursuivre, et les appelants eux-mêmes eussent été arrêtés s'ils ne se fussent esquivés à temps (avril 1434) ~. Cette difficulté, soulevée déjà l'année précédente, donna l'idée de renouveler de vieux décrets rendus contre les appelants, en 451 et en 646, dans les conciles de Chalcédoine et de Tolède3. On s'arrêta, du moins, au parti d'annuler par lettres synodales tous semblables appels dans le passé et dans l'avenir, ainsi que toutes les procédures qui s'en seraient ensuivies, et l'on chargea quatre commissaires d'agir énergiquement contre les délinquants (3 novembre 1435) 4. Il eût semblé logique de décider que, par contre, le concile ne recevrait pas les appels interjetés des sentences de Rome : mais une seule des députations semble avoir été de cet avis. Trois, au contraire, réclamèrent un décret solennel consa-