VINGT-ET-UMÈME SESSION
« entraver l'œuvre du Saint-Esprit ! » Ils n'en renouvelèrent pas moins leur protestation, et spécifièrent qu'ils invalidaient et annulaient la décision future par l'autorité apostolique. Le seul des présidents demeuré à son poste, Gesarini, conclut, en dépit de ses collègues, à l'abolition des annates, menus et communs services, déports, premiers fruits, droits de sceau, toutes taxes, en un mot, perçues, soit à Rome, soit ailleurs, à l'occasion des bénéfices : on se bornerait désormais au payement du salaire dû aux scriptores, abréviateurs ou registratores de la Chancellerie. Si le pape, ce qu'à Dieu ne plaise, violait ces prescriptions, il en répondrait devant le concile. Puis une session tenue le 9 juin transforma en décret l'inexorable décision l.
A Florence, ce décret devait produire encore plus d'émotion qu'à Bâle. Le moment où le pape, expulsé de ses Etats, privé de la plupart des profits de son pouvoir temporel, devait cependant faire face à tant d'ennemis coalisés n'était guère favorable aux réductions budgétaires 2. Au contraire, le désir de relever ses linances ruinées avait porté Eugène à recourir, pour cette même année 1435, aune mesure exceptionnelle : nonobstant tout canon de concile provincial, toute constitution apostolique, il s'était réservé d'une manière générale les revenus entiers de la première année de chacun des archevêchés, évêchés, monastères, canonicats ou autres bénéfices auxquels il pourvoirait3. Et c'était cet instant que choisissaient les pères pour le dépouiller de la part de beaucoup la plus considérable de ses ressources ordinaires ! A la première annonce du décret qui « énervait et déshonorait » le saint-siège (ce sont ses propres expressions), il écrivit pour remercier et encourager ceux qui avaient défendu inutilement sa cause, tels que l'évêque de Nevers, Jean Germain 4. D'autre part, les
1. Monum. Concil.,11,191, 799, 800 ; Concil. Basil., III, 408, 413,618; V, 134, 135.