Monum. Concil., II
4; Ibid., p. 677.
de tous les maux dont gémissait l'Eglise. C'est ce qu'expliqua la commission des Douze dans un avis communiqué au concile le 3 juin 1435. Les exactions de la cour de Rome avaient pour conséquences la ruine des églises, la multiplication des anathèmes, l'interruption du service divin. Afin de percevoir plus souvent et plus sûrement les taxes, le pape transférait sans cesse les évêques d'un siège à un autre, et, quand il s'agissait de choisir entre les candidats, considérait moins le mérite que la solvabilité des prélats. De là aussi la méfiance des souverains pontifes à l'égard des conciles, dont ils appréhendaient le blâme ; de là ces tendances profanes des vicaires de Jésus-Christ, qui, absorbés par leurs préoccupations fiscales, ne trouvaient plus le temps de lire l'Ecriture, de prier Dieu ou de pourvoir aux besoins de l'Eglise.
La satire était si violente qu'une des députations, scandalisée, crut devoir déclarer qu'elle se bornerait à discuter la conclusion des Douze en faisant abstraction des considérants qui la motivaient.
Avant le vote, deux des présidents, Jean Berardi et Pierre Donato, firent entendre une protestation véhémente, à laquelle s'empressèrent d'adhérer un grand nombre de pères : je citerai l'archevêque de Crète, les évêques de Digne, de Périgueux et d'Orléans, ce dernier ambassadeur de Charles VII, un archidiacre anglais au nom de la province de Cantorbéry. Quel trouble n'allait-on pas jeter dans l'administration de l'Église en supprimant la principale source de revenus du saint-siège sans lui avoir, au préalable, assuré de dédommagement ! S'associer à une telle spoliation était faire œuvre d'hérétique. Au cours de la discussion orageuse qui s'ensuivit, une voix s'éleva pour dénoncer la suppression de toute liberté. Quand Berardi et Donato virent que, malgré leur opposition, Cesarini s'apprêtait à conclure dans le sens de la majorité, ils se précipitèrent vers la sortie, accompagnés de leurs partisans, mais salués en même temps par de furieuses clameurs : « A la porte, les démons qui cherchent à