‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 372 sur 396 · LA QUESTION GRECQUE A BALE · texte numérisé non relu

LA QUESTION GRECQUE A BALE

Soit, en effet, que l'initiative vînt de Paléologue ou d'Eugène *, on s'aperçut vite, d'un côté comme de l'autre, que l'intérêt commun exigeait l'abandon du projet de voyage en Italie, et que mieux valait reprendre un projet plus ancien, moins dispendieux, plus pratique peut-être, consistant à réunir l'Eglise d'Orient à Gonstantinople, où le pape, de son côté, enverrait un légat, des prélats et des docteurs notables. Garatoni rapporta un traité rédigé dans ce sens, qui obtint "aisément l'approbation d'Eugène, et, au mois de juillet 1434, il se dirigeait de nouveau vers Constantinople avec de pleins pouvoirs pour conclure.

Malheureusement le concile de Bâle, qui avait Uni par se souvenir que l'union des Grecs et des Latins était inscrite à son programme, ne voulait pas, et ne croyait pas qu'elle pût s'opérer sans lui. Là encore il entendait se substituer au pape, avec d'autant plus d'empressement qu'il y avait beaucoup de gloire sans doute à récolter et d'importance à acquérir. Garatoni, lors de son premier voyage à Constantinople, y trouva deux ambassadeurs bâlois, occupés à prôner l'autorité du synode, à démontrer que celui-ci n'avait pu être dissous par Eugène et à persuader aux Grecs de députer une ambassade vers Bâle. C'était l'époque où durait encore le conflit entre le pape et les pères : Garatoni dut insister sur le petit nombre de ceux-ci et tâcher de faire admettre la bulle de dissolution 2 ; les tristes querelles des Latins eurent ainsi leur retentissement jusque sur les rives du Bosphore.

Les Byzantins, a-t-on justement remarqué 3, étaient assez subtils pour mener de front deux négociations opposées : en même temps qu'ils s'arrangeaient avec le pape pour préparer la conférence de Constantinople, ils crurent politique d'adresser à Bâle des ambassadeurs qui, s'ils trouvaient le concile aussi flo-

1. C'est s'avancer beaucoup qu'affirmer, comme on l'a fait (G. Pérouse, p. 188), qu'Eugène IV « eut le premier la pensée de se faire de l'union avec l'Orient une arme dans le conflit qui déchirait alors l'Église occidentale ».

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