‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 373 sur 396 · G. Pérouse, p · texte numérisé non relu

G. Pérouse, p

rissant qu'on disait, pourraient, au nom des Orientaux, accepter le rendez- vous des pères l. Ces Grecs parvinrent à Bâle, après de nombreuses tribulations, le 11 ou le 12 juillet 1434, juste au moment où Garatoni s'apprêtait à retourner en Orient 2. Mais, quand, au lieu de se rallierai] projet de conférence à Byzance, les pères, résolus à imposer leur présence, répugnant cependant à tout déplacement, demandèrent aux Orientaux de se transporter eux-mêmes à Bâle, les envoyés grecs repoussèrent l'idée d'un si pénible et si difficile voyage, qui n'était point prévu dans leurs instructions. Il fut pourtant convenu avec eux et décrété, le 7 septembre, que cette proposition serait soumise à l'empereur Paléologue. En cas de refus, les pères se résignaient à changer de résidence, mais se réservaient le droit de choisir comme siège du futur concile soit une ville italienne, soit Bude, en Hongrie, ou Vienne, en Autriche, soit enfin (chose plus étrange) une localité en Savoie. L'empereur et le patriarche de Constantinople seraient tenus de se rendre dans le lieu ainsi désigné, avec les principaux prélats de l'Eglise d'Orient, les Occidentaux prenant à leur charge et les frais du voyage et l'entretien des Grecs et même, dans une certaine mesure, la défense de Byzance contre les Ottomans pendant l'absence de Paléologue 3.

Eugène IV, assurément, avait montré peu de déférence au concile en s'abstenant de lui soumettre ses conventions avec les Grecs; mais, au moment où il fit repartir Garatoni pour l'Orient, s'il n'ignorait pas l'envoi d'ambassadeurs grecs à Bâle, il ne savait ni quel accueil ceux-ci rencontreraient, ni surtout quelles résolutions les pères s'apprêtaient à prendre. Au contraire, quand ils rendirent leur décret du 7 septembre, les gens de Bâle n'ignoraient rien des projets d'Eugène IV. Depuis deux jours, leurs « députés » avaient entre les mains et les pouvoirs de Garatoni,

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