‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 379 sur 396 · RÉPONSE ÉVAS1VE D'EUGÈNE IV · texte numérisé non relu

RÉPONSE ÉVAS1VE D'EUGÈNE IV

aussi parce qu'ils avaient pu eux-mêmes se convaincre du peu de cas qu'on y faisait des décrets du concile. Ils avaient demandé le pallium pour l'archevêque de Rouen1 : on avait prétendu exiger d'eux qu'ils garantissent, au préalable, le payement du « vacant », taxe abolie par le décret du 9 juin 14352. A leur retour à Bâle, ils surent faire partager aux pères leur indignation.

Longtemps auparavant, Eugène, comme il l'avait promis, dirigea vers Bâle deux légats, sinon pour y porter la réponse attendue, du moins pour discuter les termes des décrets. C'était, avec Antoine de San Vito, auditeur des causes du sacré Palais, Ambroise Traversait, le pieux général des Camaldules, un des plus remarquables hellénistes du temps 3.

Ces envoyés trouvèrent à Bâle une situation des plus tendues. Depuis que Jean Berardi et Pierre Donato, les deux représentants du pape, s'étaient enfuis pour ne pas assister à l'abolition des annates, ils se tenaient à l'écart de toutes les réunions. Formellement requis de prendre part à l'assemblée générale du 8 juin, puis à la session du 9, ils avaient refusé. En vain l'un d'eux fut nommé membre d'une commission chargée, en principe, de procurer de nouvelles ressources au saint-siège 4. En vain on leur rappela les termes de leur serment, et on les mit en demeure d'annuler leur protestation : sinon, ce seraient les pères qui refuseraient de les recevoir. Bientôt il fallut les menacer de poursuites. Une monitionles somma de s'amender dans les six jours : court délai,

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