‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 382 sur 396 · LE PAPE REPOUSSE LES DEMANDES BALOISES · texte numérisé non relu

LE PAPE REPOUSSE LES DEMANDES BALOISES

structions au départ de Florence ; ils devaient les trouver en arrivant à Bâle. Le courrier qui emportait cette note s'était mis en route au mois d'août, avait été rencontré deux fois par Bachenstein et Ménage ; puis on avait perdu ses traces. lien résultait pour les légats une situation très difficile, des doutes au sujet du langage qu'ils devaient tenir, l'impossibilité de calmer une impatience trop légitime, une gêne redoublée par les soupçons qu'éveillait autour deux leur inexcusable silence. Quelques-uns parlaient déjà de leur infliger un châtiment sévère, et le procureur fiscal voulait les englober dans les poursuites dont on menaçait Jean Berardi et Pierre Donato '. Le duc de Milan, qui excellait à intercepter les messages 2, était peut-être le seul qui eût pu fournir l'explication de ce retard.

Quoi qu'il en soit, la réponse du pape ne fut lue au concile que le 5 octobre 1435. Elle ne parut, d'ailleurs, guère propre à ramener le calme : c'était, en réalité, une fin de non-recevoir.

Après avoir, avec quelque ironie, félicité les pères de leur concours actuel à l'œuvre de l'union grecque et rappelé que certaines gens (sous-entendez :Cesarini3) traitaient jadis de « vieux « refrains » ses exhortations à ce sujet, Eugène refusait, pour le moment, d'octroyer aucune indulgence en vue du transport des Orientaux ; il refusait également de suspendre l'effet des indulgences précédemment concédées : car, tant que la venue des Grecs demeurait incertaine, les quêtes devaient être peu fructueuses et éveiller des soupçons. Une fois connue l'acceptation de Jean Paléologue, il serait bien temps de concourir à l'œuvre du concile : Eugène s'y associerait. Il ne s'engageait point pourtant à ne pas employer, de préférence, d'autres moyens qu'il disait convenir mieux que l'expédient des indulgences. Devant le décret

1. Ampliss. collect., VIII, p. 498, 500 et suiv.,535; A. Traversari (éd. Mehus), col. 79,141, 146; cf. col. 149, 157.

Page 1