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qui avait supprimé les annales il ne s'inclinait pas davantage, mais en critiquait la soudaineté, en contestait l'opportunité, en déplorait les conséquences; pour consentir à un tel sacrifice, il voulait être sûr d'une compensation suffisante et durable. Enfin à chaque reproche il avait sa réponse prête : il prétendait avoir observé les décrets, autant que cela était possible, et se vantait de s'être dessaisi de plus d'une cause en faveur du concile 1. Parfois même il passait de la défensive à l'offensive et s'élevait notamment contre cette manie d'accaparer les causes particulières, abus criant qu'un des derniers ambassadeurs de Bâle avait été forcé lui-même de "reconnaître 2.
Ainsi le pape regimbait. Le concile, après avoir mis presque un mois à y réfléchir, maintint ses résolutions. Il n'y avait aucune raison, par exemple, comme expliqua Cesarini, pour suspendre l'effet d'une mesure aussi conforme à la doctrine des Pères et à la loi évangélique que l'abolition des annates. Eugène n'avait qu'à s'incliner devant la décision du concile, organe lui-même de l'Esprit saint. Les papes autrefois en agissaient de la sorte, ce qui n'avait pas peu contribué à augmenter leur prestige 3.
Cette réponse mit fin à la légation de Traversari et d'Antoine de San Vito. L'on se sépara en bons termes, mais sans avoir pu s'entendre. Les légats se bornèrent à recommander, une dernière fois, aux hommes de Bàle la charité et la modération4.
1. Il avait tout au moins renvoyé au concile, le 18 mars 1435, le procès des bourgeois de Magdebourg, qui avaient appelé du concile au pape (Bibl. nat., ms. lat. 15625, fol. 13 i, et, avec une date défectueuse, Ampliss. collect., VIII, 708; cf. Concil. Basil., V, 129).
2. Arch. nat., K 1711% fol. 254 r° ; Bibl. nat., ms. lat. 15627, fol. 146 r° ; Monum. Concil., Il, 815, 816 ; Mansi, XXIX, 460 ; Cecconi, p. cxtvn. Cf. J. Haller, III,
3. Réponse de Cesarini du 3 novembre 1435 (ms. 1982 de Douai, fol. 528 r° ; Monum. Concil., II, 819-823 ; Ampliss. collect., VIII, 855 ; Mansi, XXIX, 273; XXX, 945). Cf. Monum. Concil., II, 815; J. Haller, III, 557.