Monum. Concil., II
Bourges, et Amédée de Talaru, archevêque de Lyon, inébranlables sur leurs principes l. On soupçonnait le second d'aspirer à la tiare, ainsi, d'ailleurs, que le chef désormais incontesté de l'opposition bàloise, celui que Traversari appelle le Dioscore de ce nouveau concile d'Éphèse, l'éloquent, généreux et redoutable cardinal Louis Aleman. Après sa fuite de Rome, que l'on a racontée 2, il avait passé de longs mois dans son archevêché d'Arles; Bâle, qui le possédait depuis le 21 mai 1434, ne tarda pas à reconnaître sa supériorité, l'ascendant de son caractère, et aussi son animosité, que, à tort ou à raison, l'on attribua au dépit d'avoir été écarté par Eugène du poste de camerlingue. Traversari essaya de l'arrêter sur la route du schisme, mais n'obtint de lui que des soupirs de regret, des exclamations de surprise, et dut reconnaître que, malgré ses admonestations, l'influence du cardinal devenait de plus en plus néfaste 3.
Parmi ces irréconciliables adversaires du saint-siège, Traversari ne rangeait pas Jean Mauroux, quels que fussent les gages que le patriarche d'Antioche eût donnés à la cause conciliaire : décrépit, sans ressources, le vieil et fameux canoniste était de ceux que le don d'un bénéfice ou l'octroi d'une commende pouvaient, paraît-il, rattacherai! parti d'Eugène IV: luimême dissimulait peu son désir de terminer tranquillement ses jours au service du pape, dans le palais épiscopal d'Avignon par exemple, et il demandait à Traversari d'intercéder en sa faveur ''. Dans l'autre camp, trop peu nombreux, le général des Camal-