‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 384 sur 396 · ENQUÊTE D'AMBROISE TRAVERS ART · texte numérisé non relu

ENQUÊTE D'AMBROISE TRAVERS ART

On s'1 méprendrait toutefois sur la portée réelle de la mission du général des Camaldules si Ton croyait qu'il se contenta du rôle ingrat de discoureur sans but et de négociateur sans instructions. Durant tout son séjour à Bâle, — sa correspondance en fait foi, — il ne cessa d'ouvrir l'œil, d'agir sous main, de noter et de transmettre au pape le résultat de ses observations. Aussi l'attitude qu'adopta, parla suite, Eugène IV s'explique-t-elle en grande partie par la connaissance plus précise qu'il eut, grâce à Traversari, des dispositions favorables ou hostiles constatées chez les pères.

Parmi eux, il comptait des ennemis intraitables, tels que ces membres de la « nation française » qui, après avoir récapitulé leurs griefs, protestèrent contre l'idée de lui attribuer la moindre compensation avant qu'on fût bien sûr de sa docilité l, tels encore que ces Italiens qui l'emportaient par leur hostilité même sur les Allemands, même sur les Français : Traversari nomme Simon délia Valle, Simon de Teramo 2 et Gaspard de Pérouse3. On peut citer également le noble et emporté Louis de Teck, patriarche d'Aquilée, expulsé du Frioul par les Vénitiens, et qui, au dire de Jean de Torquemada, poursuivait Eugène IV dune haine implacable4; l'abbé de Vézelay, accouru le premier à Bâle en 1431, et persuadé que le siège apostolique était occupé par un intrus 5 ; Henri d'Avaugour, archevêque de

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