‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 7 sur 396 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

élus par les diverses « nations » du concile. Pouvait-il, dans ces conditions, même s'il avait réuni, comme on l'a dit, tous les suffrages ', jeter le discrédit sur une partie de ses électeurs? Pouvait-il désavouer explicitement des actes accomplis par la plupart de ceux qui lui confiaient la tiare ?

Mais ce qui rendait encore plus impossible à Othon Colonna de protester contre un décret rendu à l'époque où le concile ne représentait qu'une obédience, c'est que cette obédience, celle de Jean XXIII, était précisément celle dont lui-même avait alors fait partie. Gréé cardinal par le pape de Rome Innocent VII, il avait abandonné Grégoire XII, en 1408, pour prendre part au synode réuni en dehors et à l'encontre des deux pontifes rivaux ; membre du concile de Pise, témoin à charge dans le procès de Grégoire XII 2, électeur d'Alexandre V, il avait personnellement admis, au moins en temps de schisme, la suprématie conciliaire. Lorsque Jean XXIII, inquiet de la tournure que prenaient les événements, s'était enfui nuitamment de Constance (21 mars 1415), le cardinal Colonna l'avait bien rejoint à Schaffouse, mais s'était refusé à le suivre plus loin 3. S'il était demeuré jusque vers le 13 mai dans ce poste d'observation, et n'avait pris, par conséquent, aucune part à l'élaboration des décrets du 30 mars et du 6 avril (quatrième et cinquième sessions), au contraire, quand le sort de Jean XXIII fut désespéré, il avait regagné Constance et, à partir de ce moment, assisté à toutes les sessions (neuvième, dixième, onzième et douzième) où se consommèrent la ruine et la

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