NUL SERMENT SPECIAL NE LIE MARTIN V XIII
déposition de Balthazar Cossa '. N'était-ce pas là reconnaître tacitement l'œcuménicité du concile de Constance durant cette première période? N'était-ce pas donner une sorte d'adhésion implicite à une doctrine dont il paraissait faire lui-même l'application au pape qu'il avait élu, servi et tenu pour légitime? Renier ensuite ces décrets de la quatrième et de la cinquième session, c'eût été, de sa part, au moins en apparence, une volte-face qui eût soulevé un universel toile chez les contemporains.
J'ajouterai que le cardinal Othon Colonna passait pour doux et simple par tempérament, étranger aux intrigues, exempt d'obstination. A en juger par son passé et par son caractère, le pontife chargé d'inaugurer le régime nouveau semblait être le dernier homme dont on pût attendre une résistance systématique aux plans des réformateurs.
Bien habile cependant qui, d'après le caractère d'un pape et ses antécédents, sait prévoir ce que seront son attitude, sa politique ! De tous les lieux du monde, le conclave est, je pense, celui où s'opèrent les transformations les plus inattendues.
Il faut reconnaître, d'ailleurs, qu'en devenant Martin V le cardinal Colonna ne s'était lié par aucun engagement spécial pouvant gêner sa liberté au point de vue des rapports du saint-siège et du concile. Il avait prononcé, peu après son avènement 2, la formule de profession de foi prescrite dans la trente-neuvième session; mais il est à remarquer que cette déclaration ne comportait que la croyance générale en la foi catholique conforme à la tradition des