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RÉSISTANCE DES S1ENN0IS

pouvoirs de la commission constituée sept mois auparavant pour le « fait du concile -1 » et la chargea d'empêcher à tout prix la dissolution ~. Afin de combler les vides produits par les premiers départs, on eut l'idée de battre le rappel dans les couvents et paroisses de la ville 3, et l'on enjoignit aux capitaines et podestats du territoire de diriger vers le concile les maîtres en théologie, abbés, prévôts, prieurs, curés et archiprêtres de leurs circonscriptions 4. Ce fut une invasion, mais qui ne paraît pas avoir été goûtée par les pères du concile : car une protestation au nom des « prélats siennois de la nation italienne » fut affichée aux portes de la cathédrale par décision du gouvernement (8 février), et, le lendemain, les autorités ordonnaient encore qu'on portât plainte aux pères et aux légats, qu'on interjetât appel au concile 5.

solemnem Spiritus Sancti in aula Consilii..., et fiât, et proponatur de materia Concilii, in quo concédât Altissimus melius obtineri pro statu universali sacrosancte Romane Ecclesie et exaltatione ac statu pacifico hujus aime civitatis et presentis regiminis ejus. » (Arch. dJEtat de Sienne, Concisloro, Deliberazioni, fol. 9 r°.)

1. Cette constitution remontait au 28 juin 1423 : aux membres du gouvernement, Capitaine du peuple, gonfaloniers, etc., avaient été adjoints les six personnages suivants : Jacopo di ser Marco, Christophe Andréa, Antonio di Matteo Guido, Agostino di Nicolao Cristoforo, Urbano di Pietro del Bello et Jacques Massani (ibid., 333, fol. 27 v°, 28 r°). A la mission de préparer les habitations et l'approvisionnement, un Conseil du peuple du 5 juillet ajouta des pouvoirs absolus pour négocier, agir et traiter en tout ce qui concernait la réunion du concile et la venue du pape, et cela par une dérogation expresse aux lois de la république : « Habeant plenam, omnimodamet integram f'acultatem, aucloritatem et baliam, sine aliquo excepto et contradictione, quantam et qualem habet Consilium gèneraie Campane, in dicta materia et super materia àdventus sanctissimi domini nostri pape Martini V et Romane Curie ad dictam civitatem Senensem, et non in aliis..., praticandi, providendi, tractandi, concludendi et terminandi eo modo et forma et prout et sicut ipsis visum fuerit. » La première partie de cette motion fut votée par 377 lupins blancs contre 30 noirs; la seconde par 394 lupins blancs contre 13 noirs (Consiglio générale, Deliberazioni, 215).

2. « Circa materiam confirmandi sacrum Concilium in civitate Senarum et operandi ne dissolvatur, ut Présidentes velle facere asseruntur. » (Concisloro, Deliberazioni, 337, fol. 9 r°.)

3. Décision du 19 janvier : « Et commiserunt in dominum Batistam, eorum collegam, mittendum pro religiosis et aliis qui possint interesse Concilio et nationi Ytalie. » (Ibid., fol. 9 v°.)

4. Mandement du 21 janvier (Copia lelterz del Concisloro, n° 1623).

5. « Decreverunt affigi valvis majoris ecclesie chathedralis protestationes factas

La lettre du pape du 18 janvier rendait encore plus difficile la résistance des Siennois. En apparence, ils résolurent de se faire accommodants et humbles l ; ils tâchèrent de justifier leur conduite dans le passé et garantirent que, dans l'avenir, il n'y aurait aucun reproche à leur faire (30 janvier). Malgré cet étalage de respect et de soumission, les envoyés du pape trouvèrent la réponse un peu vague. Un des commissaires du gouvernement fut chargé de fournir de nouvelles explications à l'évêque d'Anagni et à son compagnon, pour que les émissaires de Martin V ne repartissent pas sous une impression trop mauvaise '*.

Cette méfiance était justifiée : les Siennois n'avaient garde de renoncer à leurs sourdes menées. Ils reportaient leur espoir maintenant sur Florence, qu'ils eussent voulu intéresser au maintien du synode 3 : que le clergé florentin, en effet, se joignît au

pro parte prelatorum nostrorum nationis Ytalice, secundum consilium doctorum limitatas, scriptas manu ser Vannis, notarii domini Capitanei populi... Quod unus Vexilifer magister et aller ex Balia faciarit protestationes Presidentibus et prelatis, appellationes ad Concilium et omnia que fuerint oportuna juridice, et secundum consilium doctorum, ad confirmationem Concili. » (Concistoro, Delibernzioni, 337, fol. 16 r°.) — Ces incidents se rattachent à la scission de la nation italienne, à laquelle Jean de Raguse ne l'ait allusion qu'en termes vagues. On verra plus loin que les Siennois rendirent les légats responsables de l'exclusion de leur clergé.

1. Un Conseil du peuple réuni à cette occasion, le 29 janvier, s'en remet aux commissaires du soin de répondre à Martin V « ad honorem civitatis ac presentis regiminis et ad bonum finem consequendum ». (Ihid., fol. 12 v°.)

2. « Quod ambaxiatoribus domini nostri Pape respondeatur dulciter et bénigne ad interrogata, justificando res preteritas, et quod in futurum se portabunt in factis Concilii [ita] quod non poterunt juste ab aliquo reprehendi, cum verbis humilibus et placabilibus, ostendendo reverentiam, devotioneni et obedienciam habere ad dominum nostrum Papam. Et, postfactam responsionempredictam dictis ambaxiatoribus eleganter per magnificum priorem dictorum dominorum, etc., quia visum est ambaxiatoribus dictam responsionem fuisse nimis generalem, et propterillam non bene contenti recedebant, deliberaveruntiterum replicari debere prelatis ambaxiatoribus per ser Cristoforum Andrée magis clare, qui concordet responsiones sive colloquia facta cum dictis ambassiatoribus et officialibus Balie in aula Pape cum suprascripta responsione facta per dominum Petrum, et materiam adaptet... » (Ibid., fol. 13 r°.) L'évéque d'Anagni reçut des Siennois un présentdont il est question dans les procès-verbaux à la date du 2i février [ihid., fol. 27 r°).

3. [5 février:] « Deliberaverunt mittere duos ambaxiatores Florenciam qui notificent Florentinis de dissolutione Concilii quam Présidentes querunt, petendo eos auxilium et favorem, elc. »(Ihid., fol. 15 r°.)

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