LE SIÈGE DU PROCHAIN CONCILE
de méchants bruits avaient couru que ce n'était pas le concile qui attirait en Italie ces maîtres, mais le pape, à qui ils allaient présenter le « rôle » de l'Université l. Jean de Rag-use lui-même leur avait écrit, peut-être avec une arrière-pensée : « De vous « dépend ou l'avancement ou la totale destruction du concile. » C'est la seconde de ces prévisions qui allait se réaliser, et, comme en convient tristement le même auteur, ce fut l'affaire de deux jours 2.
Les lég-ats; depuis long-temps, réclamaient la désignation du lieu où le prochain concile devrait se réunir. Dans l'autre camp, on résistait, de crainte que ce choix ne donnât le signal de la dissolution, et, si l'on s'occupait du futur synode, c'était pour demander qu'on le convoquât en France, sans attendre plus de deux ou trois ans. Or, le 19 février, comme par enchantement, cette opposition cessa. Jean de Rochetaillée s'était abouché clandestinement avec les gens du pape et avec la faction florentine 3 ; des délég-ués de quatre « nations » (l'italienne, la française, l'allemande et l'anglaise) se réunirent, et désignèrent, après une âpre discussion, la ville de Bâle comme sièg-e du prochain concile. Les lég-ats présents à la séance ratifièrent aussitôt ce choix 4, ce que firent, à leur tour, Jean de Rochetaillée, Richard Flemming et André Lascary, présidents des « nations française, anglaise et « allemande». Il n'y eut de protestation silencieuse que de la part d'un membre du clergé siennois 5 et de Pierre Alonzo, abbé de Saint- Vincent et chanoine de Tolède, qui, tous deux se disant
1. Cette question du « rôle » avait, en effet, longuement préoccupé l'Université de Paris : le 8 octobre, la nation de France avait stipulé que les envoyés s'assureraient que Martin Y comptait octroyer à l'Université les mêmes prérogatives que lui avait concédées Jean XXIII (Auctar. Charlul. Univ. Paris., II, 303).