FERMETURE DES PORTES DE LA VILLE
diverses manières et requis, au nom du saint-père, de se prêter à la dissolution1.
Ces révélations ne produisirent pas l'effet qu'on en avait attendu. De bons témoignages sur leur conduite, des remerciements polis, c'est tout ce que les Siennois obtinrent du concile. Loin de s'enflammer pour une lutte à outrance contre les auteurs des menées qu'on leur dénonçait, les pères, indifférents ou, au moins, résignés, n'exprimèrent que de la sympathie ; au lieu de partir en guerre contre le saint-siège, ils proposèrent de s'entremettre officieusement auprès du pape pour apaiser son ressentiment. Ce n'était pas là du tout ce que les Siennois leur demandaient.
En outre, la fermeture des portes n'avait nullement l'agrément du concile. Afin d'ôter au consistoire tout prétexte pour maintenir l'obligation du laissez-passer, les pères garantirent qu'aucun des leurs ne partirait sans s'être libéré envers ses créanciers ou ses hôtes 2. Force fut aux autorités siennoises de faire un pas en arrière, d'autant qu'un Conseil du peuple venait de se prononcer contre tous les moyens violents13. Trois commissaires furent chargés de s'entendre avec les pères et de retirer les gardes des portes, s'ils le jugeaient à propos ''. En somme, le régime du laissez-passer n'avait duré que quatre jours'.
1. Si les Siennois, dès ce moment, avaient reçu du pape des lettres leur recommandant de laisser partir les pères, ils n'auraient pas manqué de les produire le 20 février, et Jean de Raguse en ferait mention. L'ordre auquel fait allusion le chroniqueur ïomazzi est celui sans doute qu'apportèrent un peu plus tard Gérard Faidet etJacqucs Ccrretani (v. plus loin, p. 65).