LES SIENNOIS SE RÉSIGNENT
Les Siennois l, tout en tâchant de respecter les clauses de l'asseurement qu'ils avaient jadis octroyé ?, s'entendirent, en effet, avec Malatesta pour accélérer la dispersion des pères. Leur principal soin était désormais d'étaler des sentiments d'inaltérable attachement au saint-siège, et aussi de faire ressortir l'importance des sacrifices qu'ils avaient consentis : ils cherchaient à obtenir une bulle de réhabilitation, en d'autres termes, un acte solennel écartant les soupçons que faisait peser sur eux la dissolution du concile 3. Alors fut, par leur ordre, enlevé le matériel qui avait servi aux séances du synode et des commissions ; alors, au grand regret delà population, disparurent les derniers groupes qui semblaient constituer encore comme un prolongement du concile 4. Le 3 avril, les autorités purent écrire à Malatesta 5 qu'elles avaient, derrière lui, pris de si sages mesures que tous les étrangers venaient de repartir, y compris l'ambassadeur
oratorem nostrum dilectum filium nobilem virum Malatestam de Malatestis, in civitate nostra Pensauriensi vicarium. quem nunc audivisse vos credimus et pro vestra prudencia rcmansisse bene conlentos. » (Arch. nat., LL 4", fol. il v°.)
1. La question s'était posée de savoir si la dissolution du concile avait mis fin aux pouvoirs de la commission spéciale constituée au mois de juin 142.3 : on avait décidé, le 10 mars,-de prendre à ce sujet l'avis des jurisconsultes. L'adjonction des vingt-quatre citoyens [rives populnres) fut résolue en Conseil du peuple (Arch. d'Etat de Sienne, Concistoro, Deliberazioni, 33S, f ° 0 v°, 10 v°.)
2. C'est ce qu'avait décidé un Conseil du peuple : « Habeant dictam materiam Concilii praticare, concludere et terminare et dicto magnifîco domino Malateste respondere de novo, prout cis vidcbitnr convenirc, non faciendo propterea contra nostrum salvum conductum conciliariis concessum. » (Ihid., f° 10 v°).
3. Délibérations des 18 et 19 mars 1124, où est déterminée la conduite à tenir avec Malatesta : «... recommcndando stricte Communitatem, prelatos et omnes cives, in communitate et particularitate, tanquam veros et devotos filios et servitores S.R. E. et sanctitatis domini nostri Pape, a cujus devotione nunquam dicessimus neque discedere intendimus aliquo modo, desiderantes semper bonum statum Sanctitatis sue et S. R. E. : non acceptando centum lanceas oblatas per eum, sed acceptando oblatas factas sub generali, cura illis actis et ornatis modis et verbis [que] requirat materia ; et... querendo habere litteras et bullas apostolicas excusationis et purgationis infamie late Communitati, prelatis et civibus nostris pro conservatione honoris et bone famé dicte nostre civitatis et civium suorum » (ibid., f° 11 r°).