‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 88 sur 396 · François Tomazzi (Muratori, XX · texte numérisé non relu

François Tomazzi (Muratori, XX

5. Il était reparti avant le 24 mars. A cette date, les Siennois écrivirent à leur évoque, Antoine Casini, qu'ils continuaient, derrière l'ambassadeur, à sauvegarder l'honneur du pape [Copiari di letlere dirette al Concistoro, liasse 49).

aragonais K Ce dut être pour Martin V un réel soulagement : n'avait-on pas, un moment, soupçonné les sujets du roi Alphonse de vouloir demeurer induement à Sienne, et même y appeler l'antipape aragonais, Gilles Munoz 2?

Le pape, après avoir entendu le rapport de son ambassadeur, adressa donc aux Siennois une nouvelle lettre, où il témoignait une entière satisfaction 3. Toutefois ce n'était pas la justification publique que ceux-ci avaient rêvée : ils s'en plaignirent à Malatesta 4. Mais leur désappointement fut bien autre quand, au lieu de la bulle de réhabilitation qu'ils attendaient, ils lurent les documents qui, sous la date du 12 mars, avaient été expédiés aux quatre coins de la chrétienté, et celui qui s'étalait, au commencement du mois d'avril, aux portes des églises de Rome \

Effrayé des appels qu'avaient fait entendre, à Sienne, Thomas de Paisley et consorts 6, Martin V avait jugé nécessaire de justifier auprès du monde entier la dissolution du concile. Mais que dire ? Les motions subversives des Français, non plus que les intrigues

1. « Post vestrum a nobisdiscessum cum bona cautela providimus quod omnes prelati etalii, usque ad oratorem inclusive régis Aragonum, abierunt. » (Copia lettere del Concistoro, n° 1623.)

2. Et non, comme l'écrit par erreur le chroniqueur Tomazzi, Benoît XIII. mort depuis long-temps.

3. « Reversus ad nos dilectus fîlius nobilis vir Malateste de Malatestis, in civitatc nostra Pensauriensi in temporalibus vicarius, de bona et sincera disposicione veslra eiviumque vestrorum erga nostrum et Romane Ecclesie statum et honorem plura retulit... De illa rerurn turbationeque acciderat gravi dolore ai'ficiebamur maxime propter honorem civitatis ita dilecte... » (Arch. nat., LL i\ f° 40 v°.) — Il est question de ce bref du pape dans deux lettres adressées aux Siennois, de Rome, le 29 mars, l'une par Malatesta, l'autre probablement par l'évoque Antoine Casini (Arch. d'Etat de Sienne, Copiari di lettere dirette ni Concistoro, liasse i9).

4. « Nunc autem, videntes litteras appostolicas nobis soluin fuisse directas et semper presupponentes ex parte nostra fuisse erratum, quod cum débita reverentia negamus, non possumus facere quin miremur. » Lettre du 3 avril, Copia lettere del Concistoro, n° 1623.1

5. Il en est question, pour la première fois, dans une lettre des Siennois du 12 avril (ihid.).

6. C'est l'explication donnée par Malatesta, le 19 avril : « Respondeo quod, propter quasdam protestaciones factas ibidem per nonnullos qui in Concilio permanebant ac appellationes de quibus supra facta est mentio, expediens fuit hec patentes liltere conficerenturque valvis affixe fuerunt. » (Copiari di lettere dirette al Concistoro, liasse 49.)

Page 1