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La crise religieuse du XVe siècle

Au niomeiîL où s'ouvril le concile de (Constance (5 novembre 1414), le désordre de IKi^lise élail à son comble : trois papes se disputaient la liare.

Quand ce concile prit fin (•22 avril 1418), les trois pontifes rivaux avaient été, d'une manière ou d'une autre, écartés ; la paix, si longtemps allendue, refleurissait dans l'Eglise ; un pape unique se faisait saluer par la calholicité presque entière : Fodieux schisme qui, durant quarante ans, avait désolé le monde chrétien n'était plus guère qu'un souvenir. Cf^uvre admirable de réparation, qu'on paraissait vouloir compléter, à vrai dire, par une œuvre de transformation.

L'Eglise sans doute ressortait vivante de la crise où elle avait semblé devoir succomber, mais non pas telle, assurément, (jue les âges précédents lavaient connue. Etait-ce illusion produite par un cliangement momentané? Etait-ce

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Teilel crime évolulion brusque, mais dérmilive? Kn tout cas, la vieille monarchie pontificale restaurée ressemblait, à s'y méprendre, à une république.

C'est que l'Kglise n'avail pas en vain pris l'habitude de se laisser gouverner par une assemblée d'évêques, de prêtres, de simples clercs, voire de laïques, trônant, au nom de l'Esprit saint, au-dessus des pontifes douteux. Ce régime représentatif, imposé par les circonstances, tendait à se perpétuer.

Les esprits y semblaient d'autant mieux préparés que, pour refaire l'unité, il avait fallu mater, écarter ou supprimer des papes, et que, au cours de cette pieuse révolte, on en était venu, afin de se donner courage, à considérer le concile comme un tribunal supérieur de qui relevait juridiquement le souverain pontife '. De très bonne foi, et faute d'apercevoir un autre remède au schisme, de sages théologiens, d'excellents catholiques s'étaient cramponnés éperduement à la thèse, depuis longtemps mise au jour, de la suprématie conciliaire, comme à Tunique planche de salut. Ce qui, auparavant, n'était qu'opinion téméraire, isolée, avait passé au rang de doctrine communément admise, pour devenir bientôt, aux yeux d'un très grand nombre, article de foi ^.

1. L'existence de ce tribunal supérJtur apparaissait comme une nécessité. On alléguera même, à ce sujet, la fable de la papesse Jeanne (discours prononcé par Jean de Raguse devant le roi des Romains le 15 mai 1138; Bibl. nat., ms lat 1446, fol. 290 V).

2. Cf. La France et le Grand Schisme d'Occident, IV, 497-502. Cf. un mémoire rédigé en France en 1439 : » Ex textu decretorimi ipsius Concilii non habetur quod determinaverit generalia Concilia habere potestatem immédiate a Christo ; sed,de se ipso loquendo, dicit quod ipsa Synodus habuit immédiate potestatem à Christo : quod verum fuit in tempore scismatis ultimi preteriti, ut supra dictum est. ..(Bibl. Vatic, ms. lat. Vat. 3917, fol. 99 v.) Et un mémoire du même temps, composé par Pierre de Versailles : » Et ideo merito potuit dicere quod

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