‹ La crise religieuse du XVe siècleChapitre 102 sur 257 · Lettre d'Amédée de Talaru à Louis de la Palu. déjà citée · texte numérisé non relu

Lettre d'Amédée de Talaru à Louis de la Palu. déjà citée

:5. " Et ego mittam procuratorem noniine meo; nec volo ah ipsis excomnuinicari. Et sic facietis, simihi credatis » (ms. de la Mazarine 1688. fol. 17 v° : Ampliss. collect.. VIII. 31).

4. Dès le 11 février, on avait lu. à Bàle. des lettres de Charles VIT annonçant

vovait, après la fin des conférences de Dijon, la réunion dune nouvelle assemblée du clergé où seraient discutées les matières destinées à être traitées dans le concile général : mais, que ce concile lui-même dût se tenir à Bàle et s'v tenir immédiatement, c'était un point acquis, sur lequel désormais on ne pouvait plus revenir. Les décisions de l'assemblée de Bourses avaient été communi- (juées au Parlement, aux l'niversilés, aux prélats du royaume ; Talaru s'était enqjressé de les faire connaître, à Home, aux deux cardinaux Aleman et de Rochetaillée. Le concile pouvait compter sur l'appui de la France.

Quand cette nouvelle parvint à Bàle, avec le texte des décisions de Bourges et deux longues lettres de Talaru '. ce fut une explosion de joie. Le concile se sentait maintenant assez fort pour ne plus redouter aucun obstacle humain '-^. Il écrivit à Charles ^ II (9 mai), sur le ton d'une supplication reconnaissante ''. 11 écrivit au Grand Conseil, au Chancelier \ au ministre tout-puissant, la TrémoïIIe. II n'oublia pas de répondre à l'archevêque de Lyonet je laisse à penser de quels éloges il couvrit celui qu'il n'appelait plus que son défenseur, son père. L'archevêque cependant ne s'était point l'ait faute de prêcher la modération : « Sauf l'avis (( du concile, je crois, écrivait-il, qu'il convient de traiter le pape « avec beaucoup de douceur. II est le chef de l'Église : lorsque « la tète languit, les membres sont inertes... Il ne s'agit pas ici

qu'à l'issue de l'assemblée du cicrtfé, il se propusail de dunner satislacLiou aux demandes du concile ;J. Haller. H. 30;. Mais lîcaucourt (II, 471) fait erreur en préleiulanlque, Talaru s'élanl rendu à Issonduu " prés du roi ». celui-ci approuva les décisions de Hourj,^cs cl le dési{--ua comme ehel' de l'ambassade qui devait aller à Rome.

I. Documents dont lecture fut faite, à lîàle, le 7 mai (.1. Ilaller, II, lotiy.

■2. Uépuuse du concile à Talaru. Cl'. Deutsche lieichslunsuhten, X, iib.

.1. Mansi, XXL\, 118.

1. C'est en suivant les indications de Uei,'nauU de Ciiartres que le concile lit des démarches auprès de plusieurs des memiires les plus influents du Grand Conseil (ms.de la Mazarinc l(j^l, fol. 123 i " ; Labbe, XII, 829). Le même Chancelier avait oflertde guider l'émissaire que le concile enveirait eu France pour citer les prélats lettre de Guy Flamcchct, prieur des Dominicains de Chambéry. revue à Bàle le j mai : J. Haller, II, l06j.

(( d'un Jean XXIII, mais d'un pontife dont la vie est, à tous les « points de vue, recommandable. » A ces sages avis le concile ne répondit pas ; mais il tâcha de persuader à Talaru de renoncer à son voyag-e de Rome. Ce serait peine inutile : les gens y étaient trop obstinés ; l'archevêque ferait bien mieux de donner l'exemple de l'obéissance aux décisions du clergé de France en se rendant le premier au concile de Bâle ' .

Ce grand succès remporté par le concile en France eut presque son pendant dans les états de Bourgogne. Philippe le Bon et Charles VII ne devaient pas de si tôt sceller leur réconciliation; mais déjà les deux adversaires se rencontraient sur le terrain de la politique religieuse.

Là, comme en France, le péril hussite apparaissait des plus menaçants : pour triompher de l'hérésie, dont l'influence se faisait sentir jusqu'en Artois 2, la prolongation du concile semblait indispensable. Puis le duc de Savoie, dont on connaît le zèle pour la cause bâloise -, exhortait chaudement Philippe le Bon, son neveu, à prendre, comme lui, fait et cause pour les pères. En effet, dès le 26 février, Philippe le Bon promit d'envoyer une ambassade à Bàle, d'agir auprès des princes ses alliés, du clergé de ses états, et de demander au pape le retrait de la bulle de dis-

1 On lui laissait pourtant le soin de décider s'il ne ferait pas mieux de retarder un peu sa venue en vue de l'assemblée préparatoire dont il «^'f ^P^^'-l^^jV'- \^f." de la Mazarine, fol. 1^3 r» ; ms. 198^ de Douai, fol. 313 r" ; Labbe, XII, 831). Rinaldi {IX, 122) rapporte à tort à l'évèque de Lausanne ce qui s adresse ici a 1 archevêque de Lyon. - Talaru ne se rendit à Bâle qu'en automne ; il fut incorpore le 10 octobre 1432 (J. Ilaller, II, 212).

o Lettre adressée au concile par l'évèque d'Arras le 30 mars [1 132] : .< Pulula it in dies in dyocesi ista hereses et zizania Bohemorum, «tuibus nisi virditer restitissem cum cnadjutoribus, et modo jugiler vigilias i^^regis custodircm, m agro Domini non frumentum veritatis, sed infelix lolium doctrine erronée germmasse . Impugnatur a quibusdam juridictio ccclesiastica. Detrahitur vestre sancte unitat alnieque congregaiioni sacri Concilii Basiliensis, dicendo quod prorogatum est et dissolutum. Quibus pro viribus malis obsisto. Arbitror hic manens vobis magis proficere quam iUic existons. » (Bibl. nat., ms. lat. 1575, fol. o2 v°.)

3 V plus haut, p. 142. Cf. une lettre écrite au concile par Amedee \ III le 25 février fms. latin 1575, fol. 78 v» ; ms. 198-^ de Douai, fol. 59 r" ; ms. 9X , de Grenoble, fol. 10 V ; Ainplixs. coUert., VIII, 67 .

LA DOLKGOGNE IMŒND l'AHTl l'OLR liALK loi)

solution '. Plus explicite encore le 18 mais, il proclama linstitution divine du synode de Bàle, annonva que son ambassade était prête à partir, offrit de renouveler, s'il était nécessaire, l'invitation déjà faite, à deux reprises, aux prélats et ecclésiastiques de ses vastes états, et promit d'intervenir auprès de ses alliés *. Quelques elforts qulùigène IV fît, au mrme moment, pour

1. Ms. liil. l.">7j. lui. 52 p" ; ms. 198- de Douai, loi. 59 r" ; ms. 987 de Grenoble, loi. 45 V ; .{mpliss. collecl.. VIII. tis. Cf. Mmuini. Ciinril.. II. 108, 1 il : .T. Hallcr, II, 27, 36; l'aUic-ky, p. 291.

2. » Paulo post recessum oratorum vestrorum ad nos postrcmo destinalorum — de quorum inissione suaquc nobisgratissima cxpositione, ot prescrtini super illa xeslia unaninii coiicordia et firnia coiistantia, saci-uni générale Conciliuni Hasiliense, Dec non dubilanius auctoie. l'elicilci" iiiceptuni, usque ad plcnam illiw> ronsummationem continuandum, non minus leti quam contenti e.\tilinius. et simililei- de aliis amba.\iatis et veslris fiequentibus lilteris pro nostra consolatione et lelitia supei" eodem negolio sanctissimo anlca missis. — carissimus atque dilectissimus noster avunculus du.\ Sabaudie venerabilem virum magistrum Philibertum de Huppe, consiliarium et procuratorem suum in Roniana curia, e.xhibitorem presenlium. cum lilteris eredencialibus ad nos duxit mittendum. Qui, suani noliis creilenciam exponcns, ad duo principalia puncta, ut hrevitatem assequererur. resolvit, e.xplicans primum quantum idem avunculus noster /elum desideriumque ferventissimum haberet ut dictum sacrum Concilium. cui totis ex prccordiis iulherc.jat, débite celebrarelur atque linem votivum sortiretur. Adjccit iiisuper ((uod pro luijus modi proseculionc rei, qua nulla sanotior altéra, et debito illius ad linem intentum complemento, paratus et omnino resolutuserat se, suosetsua, id est amicos et bona, tam liberalitcr quam libcnter exponere, nec ab ea resolnlione... velle imciuam recedere... El propterca... prefatus magister Philippus nos... luit exhortatusqiiatenus secum \ ellemus in premissis conformiler agere, nostrosque solenipnes ad dictum sacrum Concilium ambaxiatores, secundum quod egeat breviore mora, destinare. et in reli(juis pidjlicam ejusdem Conciiii commoditatem conceriienlii)us nos sibi conformare. Hiis autem sub grala diceudi copia scriosius cxpeditis, nos, quo videbamus oportere modo, prefato magistro Philippe satisfecimus hoc pacte : respondentes ad primum quod factum avunculi noslripropositum in facto die ti Conciiii. quedatleo visceribusimpressum haberet, meritodcbebat commendari, et nos. illudcclo dignum approbantes, insequi volebainus, illitjuelirmiter et inseparabililer adherere, nec alia l'uerit mens nostra ab ejusdem Conciiii exordio, cui semper adhesimus et adheremus, dicenles et profitentes id ipsum a Deo et Spiritu Sancto fuisse iiistilutum. Super alio autem puuclo, quasi pariformiler ad primum, respondimus dicenles f piod. j a nu) iu est. conclusi mus dictes ambaxialoresnostros, jam exire parâtes, ad dictum générale Concilium destinare, et ut ita faciant prelati et celerc gentes ecclesiastice patriarum nostrarum ctaliarum que noslro subsunt gubernamento, ipsis. in idipsimi studiosius exhortalis, bina vice scripsinius, et, adhuc, si opus sit, scribemus, necnon amicis et benivolis nestrisubilibet constitutis... Secundum ({uod prcfatis orateribus vcstrisdiximus, vebisque licentius rcfcrre valebit dictus magister Philippus. Si que autem que nostra ope vel opéra indigcant vobis supcr\eniant, signilîcate nobis cenfidenler., . » (Ms. lat. 1575, fol. 26 V". Lettre analysée par Jean de Scgevie(p. Jil; et citée par J. Haller :I. 121. note 2) d'après un ms, de Munich. Elle fut lue à IJàle le 21 mars, jour où Philibert de la Hoche, qui l'apportait, fit sa relation J. Haller, II, 67).

[{],() EUGÈNK IV i;T L1; C.oNClLK UK l'.M.l-:

o-agner le duc de Bourgogne par l'appât de je ne sais quels mystérieux avantages ', les affaires du concile étaient donc en bonne voie dans la plus grande partie de rF.urope occidentale.

YIII

Parmi tous les succès qu'enregistra le concile dès ce premier semestre de 1432, un des moindres ne fut pas de resserrer ses liens avec Gesarini.

Dans l'attente d'instructions, dont il entendait bien d'ailleurs déterminer le sens, le légat, on s'en souvient, avait nettement refusé d'obéir au saint-siège ; il s'était seulement abstenu, à partir du 8 février, de présider le concile qu'il ne voulait pas dissoudre ''. Cette réserve parut excessive et désobligeante aux pères: au mois d'avril, puis au mois de mai, ils tâchèrent de persuader à leur ancien président de remonter sur son siège. Gesarini du moins consentit à reparaître, les 16 et 31 mai, dans des assemblées générales et à revêtir les ornements pontificaux pour la messe du jour de l'Ascension (29 mai) : premier pas bien significatif ■^.

Un symptôme plus caractéristique encore fut la nouvelle lettre que le légat adressa, le 5 juin, au souverain pontife K Les États de l'Église, observait-il, n'avaient pas besoin d'Eugène

1 J Hallci- 1,2J1. Cf. une Ictlic du 1 j oclulirc 1132 par laquelle le pape l'ail savoir à Philippe le Bon que l'évcquc de Màcon lui a fait coniiaîti-e ses sentiments dévoués et qu'il a accueilli ses requêtes (Arch. du Vat., Re(f. 370, fol. 109 v").

2. On remarqua sa présence cependant à la messe du dmianche Ib mars, et a

i-qua sa p certaines délibérations, le 29.

Page 1