Ms.lat. 1575, fol. 130 V : Ampliss. collect.,YlU
3. « Siquis... jjerturbacioneni. .. lieri procuraverit, experictur ulcione penali perpetrati facinoris g:ravitatem, et contra eum, tanquam connnunis i)acis turbatorem, rij^ide procedetur. » {Monum. Concil., II, (30.)
1. Ihid., II, 211, 212, 226 ; J. Haller, I. 60; II, 182, 191. — Le \" octobre 1432, Eugène IV remercia la ville de Constance du bon accueil l'ait à ses ambassadeurs (Arch. du Vat., Reg . 370, fol. 107 v").
5. Bibl. nat., mss. lat. 1575, fol. 206, et 15627, fol. 52; Bibl. Mazarine, mss. 1684, fol. 37, et 168S, inl. 90;Mansi, XXIX. 468. Cf. J. Ilaller, I, 60: II, 197.
ouvr:nTrni:s kaitks ai .n(».m di I'AI-e 184
(23 août), dtms une haranji^ue étudiée de rarchevèque de Tarente, (jui, en même temps, faisait connaître les propositions du pape K
L'Eglise est uiu' monarchie. La plénitude du pouvoir a été conférée à Pierre : la volonté de son successeur fait loi. Déplorable donc, illicite et dangereuse a été l'obstination des pères k demeurer rassemblés après la l)ulle de dissolution ; plus triste encore la monition qu'ils ont osé adresser au souverain pontife; car, hormis le cas d'hérésie, le concile n'a sur le pape aucune juridiction.
Cette théorie classique avait l'inconvénient d'avoir été battue en brèche, au concile de Constance (du moins il le semblait), par les fameux décrets des quatrième et cinquième sessions, dont l'archevêque Jean Berardi ne souillait mot, et pour cause. Il faisait allusion, au contraire, à la constitution Frcc/uens, mais, chose curieuse, pour soutenir que le pape y pouvait déroger, en vertu de son autorité suprême - : modifier le lieu, l'époque fixée pour la tenue d'un synode, c'était un de ces droits, inhérents à la puissance apostolique, qui pouvaient s'exercer sans que le décret Frer/uens cessât d'être en vigueur. Autant valait avouer que l'indiction du concile de Bologne violait la constitution de 1417 : c'est ce que le souverain pontife avait nié jusque là. On se souvient de l'argumentation subtile à laquelle il recourait dans sa bulle de dissolution. Il n'avait pas convaincu les gens de Bâle :
1. Bibl. nat., mss. lat. 1575, fol. 2]S, et 15627, fol. 62 V ; Hii)l. Mazarine, mss. 16H1, fol. 31 V», et 16S8, fol. 100; Mansi. XXIX. 482. Cf. .1. llaller, II, 201 ; .\[()num.(Jnn<il . . II, 226.
2. Une thèse analoj^iie est développée dans un traité contemporain De aiicloritate Concilii : « [Decretum Freqiiens] evidenter tendit in diminutionem juristlirtionis e])iscopalis. ut jiatet quia Romanum pontificem artat invittum ad proturandam auctoritatem (^-oncilio. etc., et ad suniittendum se eidem que ad sui reformationem. . . Nec est dicendum quod, etsi felicis recordationis Martinus papa assensum luiic constilutioni seu canoni prcstilisset. hoc toUat quominus ipse modernus pontifex de jure ipsam constitulionem tollere possit... Doctrinani habemus quod id quod predeccssor in Ecclcsie énorme prcjudicium aut Scdis facit ac approbaf. sequens jwtest succcssor rcvocare... Nec licuit ipsi Martino, pontifici summo, sibi i])si Icgem ac constitutionem imponere... » (Bibl. Vat. nis. lat. Vat. 4138, fol. 65-70;.
il ne semble pas avoir beaucoup mieux réussi auprès de l'archevêque de Tarente. Son propre nonce abandonnait, dès la première escarmouche, la position défensive dont il avait fait choix, la considérant comme intenable.
Intransigeant sur les principes, Eugène IV se montrait accommodanten fait. 11 renonçait à Bologne : si cette cité leur déplaisait, les pères étaient libres d'en choisir une autre en Italie, dans les Etats de l'Église ; le pape se dessaisirait au profit du concile de toute autorité temporelle dans la ville qu'ils auraient désignée. Quant au terme fixé, il ne demandait pas mieux que de l'avancer le plus possible. A Bàle, Cesarini et les pères actuellement assemblés pourraient continuer de vaquer au règlement de la question tchèque et à la réforme du clergé allemand, à condition de rejoindre le concile présidé par Eugène, aussitôt ces matières épuisées. Le nouveau concile, d'ailleurs, ne se séparerait pas avant d'avoir extirpé l'hérésie, pacifié l'Europe, réformé l'Eglise, à commencer par Rome.
Ces propositions eussent été, somme toute, fort acceptables, si, au-dessus des intérêts de la foi, de la paix et de la réforme si fréquemment mis en avant, les gens de Bâle n'eussent placé dès lors la question dogmatique de la suprématie conciliaire : or, c'était précisément de cette doctrine favorite, de cette croyance de plus en plus ancrée dans leurs esprits, qu'on leur demandait le sacrifice. Ils ne balancèrent pas un seul instant.
La réponse âpre et détaillée qui fut lue le 3 septembre ^ et à la préparation de laquelle le légat n'était pas étranger -, ne se bornait point à ressasser les arguments connus en faveur du maintien du concile en Allemagne : au dire des pères, aucune région des États de l'Eglise n'était exempte de troubles; ils ne se sen-
1. Bibl. nat., iiis. lat. 157:). Col. 228 ; Bibl. Mazarine, mss. 1688, fol. 111. et 1684, fol. 9 (^sous le titre de : <■ Propusitio facla pei- domimim Legatiim ambaxiatoribus domini EugeniilV»!; Bibl. Laurentieiine, plut. .\vi, nis. 12, fol. 218; Mansi, XXIX, 239 ; Mon uni. Concil., II, 2.34.