‹ La crise religieuse du XVe siècleChapitre 12 sur 257 · Mansi, XXVII · texte numérisé non relu

Mansi, XXVII

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ditrérenles églises ; la juridicLioii universelle du concile général est proclamée ; mais bien habile est qui tirerait de ce lexle, approprié au cas de Jean Wyclil", une conclusion favorable soit à la supériorité du pape sur le concile, soit à celle du concile sur le pape ' .

La même bulle énumère les questions qui doivent être posées aux personnes soupçonnées de tremper dans l'hérésie hussite ' : « Croyez-vous que tout concile général, même celui (c de Constance, représente l'Eglise universelle? — Croyez- (( vous que tous les fidèles doivent approuver et tenir ce « que le concile de Constance, représentant l'Eglise uni- « verselle, a approuvé et approuve en faveur de la foi et « pour le salut des âmes, qu'ils soient obligés également « de tenir pour condamné ce qu'il a condamné et con- « damne comme contraire à la foi et aux bonnes mœurs ? « — Croyez-vous que le concile de Constance ait régu- « lièrement et justement agi en condamnant les personnes, <( les livres et les actes de Wyclif, de Jean Hus et de « Jérôme de Prague, et que tout catholique doive tenir (( et affirmer la régularité et la justice de ces condam- « nations ? — Croyez-vous vraie et catholique la sentence (( prononcée par le concile' de Constance sur les quarante- « cinq articles de Wyclif et les trente articles de Jean Hus « ci-dessus mentionnés ? etc. » Ici les adversaires du saint-siège triomphent; ils ne comptent pas, dans cette bulle, moins de onze passages oii Martin V reconnaît le

1. C'est pourtant ce qu'a voulu faire le concile de Bâle, dans son encyclique du 7 octobre 1439 [Moniim. Concil., III, 387).

•2. Cette bulle a été souvent citée de mémoire par les contemporains, et plus d'une fois inexactement, par exemple, par le cardinal Cesarini, en 1433 lAmpliss. collect., VIII, 64s\ et par .Eneas Sylvius [CoinineiiUir., dans Bruwn, i'HSciculus, p. 19J.

r,A BLLLR fXTER CUXCTAS XIX

lili't' (K- concilf m'-in'-ral ;iii synodr fie Conslance à une époque où celui-ci ne rejDrésenlail encore qu'une ou, au plus, deux obédiences'. Kn outre, font-ils observer, les décrets des quatrième et cinquième sessions rentrent dans la catégorie des choses que le concile « a approu- « vées en faveur de la foi, pour le salut des âmes », et qui s'imposent à tous les fidèles, aux termes de la bulle : donc Martin ^' reconnaît ces décrets et, par suite, la suprématie conciliaire ''.

Ce raisonnement me paraît peu convaincant. Il est bien clair, que pour les raisons qui ont été indiquées ci-dessus, le pape ne pouvait refuser le titre de concile à une assemblée dont il avait fait partie dès le début ; mais il ne s'occupe ici que des décrets de ce synode ayant trait à l'hérésie hussite, décrets; d'ailleurs, que le concile actuellement confirme iapprobuvit et npprobal... condemnavit et condemnat) ^ et que lui-même vient de ratifier par l'autorité apostolique, en u suppléant à tous les manquements qui s'y « pourraient rencontrer » '. C'est sur ces décrets, solidement établis, qu'il ordonne d'interroger les Hussites et nullement sur les principes, plus ou moins hasardeux, posés au cours de la lutte des pères conlre Jean XXIII. Pour une raison semblable, je refuserais aux avocats du saint-siège le droit de tirer parti, comme ils ont voulu le faire % d'une autre ques-

1. Les sentences contre Wyclif, Jean IIus et Jérôme de Praj;ue furent prononcées dans les 8-, 13", 15«, 19" et 21-' sessions (4 mai, 15 juin, 6 juillet et 23 septembre ! ilD. 30 mai 1 il6). Ces trois dernières sessions sont postérieures à l'approbation du concile par (jréjjjoire XII.

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