‹ La crise religieuse du XVe siècleChapitre 13 sur 257 · Cf. Monum. Concil., III · texte numérisé non relu

Cf. Monum. Concil., III

3. C'est à celle circonstance que sonfreait pciit-ètro Jean de Torqucmada Roccabcrli. .\I1I, 578 quand il afrirniait que Martin V avait en vue. dans cette bulle, le concile de Constance dans son dernier élat. comprenant les trois obédiences.

1. .\utre bulle également datée du 22 février 141s Mansi, XXVII, 1215 .

5. J. de Torquemada (Hoccaberti, XIII, 580 ; Siimma de Eccles., lib. II, § 93),

XX INTRODUCTIOIS

lion que Martin A' ordonnait de poser aux mêmes personnes soupçonnées de connivence avec les Ilussitcs : « Croyez- (( vous qu'un pape canoniquement élu soit successeur de saint « Pierre et ait la suprême autorité en FK^lise de Dieu ? » Voilà, dit-on, la négation de la suprématie conciliaire. — En aucune façon. La bulle, je le répèle, n'a en vue que les points de doctrine contestés par les hérétiques de Bohême : elle ne cherche nullement à résoudre le problème des rapports réciproques du pape et du concile.

Il est aussi facile d'écarter l'argument tiré des paroles que Martin V prononça le 22 avril 1418, quand, pour répondre à une protestation des ambassadeurs de Pologne et ])our mettre fin à une discussion qui s'élait élevée au sujet d'un libelle de Jean Falkenberg, condamné déjà par les commissaires de la Foi, par les « nations » et par les cardinaux, il exprima l'intention « d'observer inviolablement tout ce qui avait été décidé et décrété, dans les matières de foi, par le concile conciliarifer^ et d'approuver, les mesures prises ainsi concili<trifer, mais non autre- <( ment ' ». Eh bien, dit-on, les actes des quatrième et cinquième sessions intéressent la foi ; ils ont été décrétés con-

PieiTC fiai Monte, Cnnfra imi^iignantes Sedis aposlolicse anclorilntem : « Ilanc veritateni dilTinivil Mai-tinus V, magna illa Sinodo Constantiensi approbantc. ut in ejus epistola decrelali continetur quam contfa errores \'iclivistarum edidit, iihi hic articiiliis ad \erl)um dcscribilup : Papa canonice eleclus habel supreiiiain poleslalem in Ecclesiu. . . (Juid, (jneso, ad liée respondere poterunt adversarii qun prava eorum dogmata défendant? » iBibl. V^at., nis. lat. \'at. 1115, fol. 13 r".) Cf. lîossnet, Def. Declar., II, v, 15.

1. Mansi, XXVIl, 1201. — Le hio^raplic anonyme de Martin V s'est évidemment souvenu de ces paroles (piand il a écrit : " (Cetera décréta ante ejus assumptionem l'acta, qnalenns fideni eatliolicam conccrnchant, et non aliter, similiter reccpit et auctoritate apostolica comprohax it . " (L. iJncliesne, Liber Ponlificalis. II, 517.) Incident également rappeh';. mais d'une manière inexacte, de\ant Charles VII, vers 1413, parle nonce Pierre dal Monte : " Sic Constanliensis Concilii gesta Martinus V, instantissime requisitus, non omnia voluit confirmare, sed ea tantum que ad fidem catholicam attinebant et que a tribus obedientiis fuerant constitula. .. Hibl. Val., ms. lai. Val. 2()0l. fol. 258 v\ ^

i.A ijist;i:ssi(i.\ 1)1 22 wiiii. l'ilS xxi

cilinriter : voilà donc que Martin \' les ratifie expressément ' !

Krreur ! On dénature la pensée du pape en oubliant les circonstances dans lescjueiles ses paroles ont été prononcées. Que veut-il ? Simplement l'aire entendre qu'il ne ratifiera pas la censure du livre de Falkenberg. Et, comme on lui objecterait qu'il a bien ratifié les condamnations de AVyclif, de Jean IIus et de Jérôme de Prague, il fait observer : \" (pie ces hérésies intéressaient gravement la foi; 2*^ qu'elles ont été condamnées par le concile en sessions concilinriter, et non, ainsi que le livre dont il est question, dans des assemblées partielles. Tel est l'unique sens de sa déclaration '. Bien loin de sa pensée est de prendre un engagement quelconque au sujet des décrets des quatrième et cinquième sessions. Il serait indigne d'une critique sérieuse d'exploiter les paroles tombées ainsi de la bouche du saint-père au cours d'une session tumultueuse, pour les détourner de leur sens évident, en étendre arbitrairement la portée et en conclure à l'acceptation par le pape du principe de la suprématie conciliaire.

En somme, ni Martin ^' n'a ratifié, d'une manière générale, tous les décrets du concile de Constance, ni les pères n'ont sollicité semblable ratification. Dans Tun de ces faits, les adversaires de la souveraineté pontificale voulaient voir la reconnaissance par le pape de la suprématie conciliaire. Dans l'autre, les défenseurs du saint-siège trouvaient la

Page 1