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plus tard, parvenu à Sienne, il eut réellenient maille à partir avec les ^ens du pape, (jui ou voulait aux Sleniiois de ne sèlre point détachés du p;irti milanais '. M;d<4ié ces lieiuts v[ ces griefs, le roi des Romains ;i\.iit si i;iand besoin d Euf^ène W . qui seul pouvait ceindre son Iront de la couronne rè.vée. que les néj^ociations continuèrent et finirent par aboutir -. Lorsque Siji^isniond eut })ri>mis ([uavanl de mettre le pied sur les terres du pape, il prêterait serment de défendre TEtrlise romaine contre tous ses ennemis. Eugène, rassuré, commença à ju<j^er ses avis moins déraisonnables. Or. le lang-a^re du roi n'avait i)as varié : pour conjurer le schisme, il fallait que le pape se résignfit à laisser vivre le concile de Bàle ^.
Un conseil tout semblable allait bientôt être donné au pape par les six Electeurs de l'Empire, et, comme la g-outte d'eau faisant déborder le vase, cette exhortation de princes (jui n'étaient pas encore intervenus dans le conflit allait peut-être, en s'ajoutantà tant d'autres motifs, amener Euiirène à consentir aux derniers sacrifices. Mais n'anticipons pas sur les événements.
Le 26 août, il avait encore félicité l'archevêque de Saragosse d'avoir su mépriser les sommations d'une « poig-née d'hommes « dépourvue de toute liberté comme de toute autorité » \ Cette poignée d'hommes l'obligeait maintenant à compter avec elle. Les 14 et lo décembre, dans des instructions rédigées poui' une nouvelle ambassade, il s'efforça de contenter les pères en retirant le mot de « dissolution » qui les avait tant choqués. C'était vraiment le « concile de Bàle » qu'il entendait, non plus
611) ; J. Simoncla <7>iV/.. XXI, 220) ; lettre de Sijrisnioiid du 16 juin 1132 Denlsr/ic HeichslHffsakleii, X, 361 ; v. aussi ihid.. p. 116: mcnioire lu à lîâlc le 20 .janvier 1133 nis. 198- de Douai, l'ai. 251 r" : Ampliss. collerl.. \'IU. y.W . Cf. J. Ilaller. II. l',»l.
1. X. délia Tuecia éd.Cliampi. p. ll'J ; ///s/. .s'c/ie«.sj.s. cul. 37. Cf. J. llaller. I. 251 .
2. Deiilsche Iieichs(;tf/s;ik(en., X. 709 et suiv.,768; llisl. Senensis, col. il ; Vi(n .V. Capponii Mural.. XX, 190 . Cf. Max Koch, Die Kirchenpolilik Kôniif Siffninnds wiihreiKl seines Romznges I.eip/i),'. 1906, in-8"y, p. 39 et suiv.
3. Deutsche Reichstngxakten, X, 453. 613. ». Monam. Concil., II, L^ij.
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dissoudre, mais transférer à Bolog-ne ou dans toute auli'o ville d'Italie (^il n'était plus question d'une ville des l^tats de l'Eglise); les pères on auraient le choix : on exceptait seulement les états Milanais. Tout ce que le pape réclamait, c'était l'annulation des actes du concile h partir de la picmière session, et il comptait, de son côté, remettre les choses en l'état. De plus, il consentait à ce que le concile prolongeât encore son séjour à Bâle durant quelques niois, pour y opérer la réduction des Hussites sous la présidence de Gesarini '. Concession importante, puisque, par l;i, Eugène send:)lait i*enoncer au droit de dissoudre les conciles, que Martin V et lui-même avaient toujours revendiqué. Restait à savoir si les pères lui reconnaîtraient plus volontiers le droit de transférer les conciles.
Eugène IV n allait pas, d ailleurs, en demeurer là. Dès le 1 S janvier 1433, reconnaissant apparemment que cette concession ne correspondait plus aux exig-ences des gens de Bâle, il fit expédier de nouveaux pouvoirs pour ses ambassadeurs. Cette fois, il prenait comme arbitres les Electeurs de l'Empire, les ambassadeurs des rois, princes et ducs et douze prélats choisis parmi les pères de Bâle, non suspects et surtout n'ayant aucune attache avec le Milanais : il s'en remettait à eux du soin de décider si le concile se tiendrait en Italie ou en Allemagne. Dans ce dernier cas, il acceptait toute ville autre que Bâle, à condition qu'elle fût libre, ou que la seigneurie en fût transportée provisoirement aux mains des pères ; il exigeait seulement que le concile fût placé sous la garde des Electeurs, et qu'il ne prît jamais de décision importante s'il ne comptait parmi ses membres au moins soixante-quinze prélats -. Bien entendu, l'annidation de
1. Ampliss. collecl., VIII, 551; Rinaldi, IX, 131 ; Moniim. Concil., II, 335,
2. Dans la neuvième session do Bàle ^22 jan\ ier 1 133 , les prélats ii'élaieul encore (luau n()inl)i'e île (iniriiilc il:'u\. en y eumpreuaal les ahhés iiiilrés (J. Ilaller, H. 322 .
r.i-; coNf.rr.K knkin AiAiMi:.\r a lurj; 2\'A
tous décrets antériours cH)nstituait, comme précédciiuuL'ul, uiu' comliliou iiu'luctahli' '.
Sur ces entrefaites arriva 1 ambassadt' collective des Electeurs de l'Kmpire dont il a été question ''2Î) janvier) '. Comme ses nonces, à ce moment, se disposaient .1 partir, le pape s'avisa ({ue les pères ne goûteraient peut-être pas le compromis ({uil leur olfrait : en prévision de ce refus, il autorisa ses envoyés à choisir d'eux-mêmes une ville d'Allemagne dilférente de Bàle. Il maintenait, dailleurs, ses autres conditions (l'"'" février) •^.
Enfin les vives exhortations des princes de l'Empire produisirent leur effet '*. Les cardinaux les plus dévoués à la politique d'Eugène l\ comprenaient l'impossibilité de résister plus longtemps. Il n'i'tait pas jusqu'à Giordano Orsini qui ne fût convaincu peut-être par les lettres alarmantes qu'il recevait de Bàle •'. Puis, consciemment ou non, le pape s'inquiétait de l'approche imminente du terme qui lui avait été fixé. Le 1 i février, deux jours avant cette échéance, il tint un consistoire public : on y lut une bulle autorisant la tenue du concile à Bàle même.
Les circonstances avaient changé, observait le saint-père : plusieurs des inconvénients signalés avaient disparu ; le nombre des pères s'était accru ; les délégués tchèques allaient venir, ce qui, assurait-il, lui était fort agréable (il ne pensait pas de la sorte un au auparavant). Bref, afin de contenter le roi des Romains et les Electeurs, sur l'avis de ses cardinaux, il décidait (jue le concile se célébrerait à Bàle. Le synode serait présidé par les légats qu'il allait y envoyer. Les l^lecteurs garantiraient la sécurité des mendjres.
1. Ampliss. cnllecl.. \'III. .').)1 ; Moiuun. Concil., II, 338.
2. IhiiL. p. XV2 : Maiisi. .\X\I. \M\ : Deiihclic ncifhshtus.ihlen. X. fi50. 063.
3. Ain/iliss. collecl., \'I11. jjii: Muiiuin. Concil., \l. -V-^s . l'A'. Deiiischc Itcichat.Kjsaklen. X. 630, note 1.
i. .Woniini. C(tncil..U.3X2.?,X\.
:,. Maiisi. .\.\XI, l'jO. 161 .
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Quand cette lecture fut achevée, Eugène IV ajouta : « Nous le « voulons, nous le décidons, nous l'ordonnons h> !
Était-ce bien l'expression do sa propre volonté? La décision, dans tous les cas, n'avait été ni spontanée ni prompte. Après un an d'efforts ])our empêcher \v concile de se tenir hors de sa portée et hors de sa présence, il s'apercevait que l'adversaire dont il dédaignait la faiblesse était devenu plus fort ([ue lui, et que poursuivre la lutte serait inutile ou désastreux. Il renonçait, à la fois, à présider le synode et à le ramener en Italie. Il ratifiait le choix de Bàle.
C'était revenir au point de départ. Que ne pouvait-il, en même temps, eiïacer toute trace de ce qui s'était dit ou fait dans l'intervalle de ces quatorze mois 1
1. Arcli. du \'aL, Ueçf. 372, fol. lOO r'^ ; Rinaldi, IX, 139: Monam. Concil., II, 33;i, 370: Deutsche Heichslufisnhlen, X. (itil.
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