V. plus haut, p
3. Bihl nat.. ms. lat. 1142. fol. 12-23 iBihl. \'aticane. nis. lut. \'at. 1100; Bibl. Angélique, ms. 118, fol. 1-J8.
20S EUGÈNE IV El" LE CONCILE^DE llAf.K
Ce prince de l'Ej^lise lui faisail (Mil revoir le renoiivcllcmcnl du schisme, ramoindrissenienl do la papauU', un déchaînement fatal contre le cleri,^' et le saint-sièg-e', et le priait de s'informer de la favondonl le publie a])préciail sa politique : les uns attribuaient la dissolution au désir d'esquiver la réforme, les autres à la crainte d'essuver une perte matérielle ; ceux-là estimaient que, par org-ueil, Eugène refusait de se tléjuger, ceux-ci qu'il se méfiait des tendances de quelques-uns à rejjorter le sièg-e de la papauté au delà des Alpes. Tous, Casanova l'atteste, disaient du mal du pape et de ses cardinaux, pensaient d'eux pis encore et présageaient les plus graves scandales, si l'on n'y remédiait sans tarder.
Aux remontrances se joignirent bientôt les désertions. Dès l'été de 1432, le cardinal Louis Alernan fit part à son parent l'évêque de Grenoble de son intention de le rejoindre sous peu '. Pour obtenir du pape la permission de sortir de Rome, les cardinaux invoquaient de plausibles raisons de santé; puis, à la dérobée, sous des travestissements, ils gagnaient du terrain et se rapprochaient de Bàle. Jean Cervantes y parvint le 21 novembre -. Antoine Correr s'éloigna de Spolète dans la direction du nord ■\ et Eugène pénétrait si bien ses intentions qu'il envoya au gouverneur de Bologne l'ordre de le retenir au passage sous d'honnêtes prétextes '' ; Antoine évita ce danger, mais sévit la route barrée,
1. Lettre adressée au concile par l'évêque de Grenoble Aymon de Chissé, de Saint- Hilaire, le 26 août 1 132 ; pour s'excuser de ne point répondre à la citation du concile, ce prélat allègue divers motifs : " tum etiam quia rcverendissinuis dominus meus dominus cardinalis Arelatensis, cujus servitor sum, mihi mandat ut ipsum expectarem hic per aliquod tempus, quia breviler venturus » (ms. 987 de Grenoble, fol. 22 y").
2. Bibl. Laurenticnnc, plut. xvi. ms. 13, fol. 106 v" ; Moniiin. Concil., II, 230, 277 ; .T. Ilaller, II, 275,279 ; V, 32 ; Mansi, XX.XI, 161 : .Eneas Sylvius, De rehiis Biisilexffestis, p. 48 ; Gimignano Iui;hirami (Archiv. stor. ital., b" série, I, 18s8, p. ii). Cf. un bref d'Eugène IV, du 23 mai 1 i32, annonçant que le cardinal se rend aux bains de "N'iterbe et ordonnant aux habitants de le recevoir avec honneur (Arch. du Vat., Reg. 370, fol. S2 r").
3. " Dominus lîononiensis etiam causa mutandi aerem ivit Spoletam, et inde sine licentia habiil et ivit Paduam, postea Veronam, et inde furtive recessit versus Basilcam. •> Ms. cité de la Laurentienne.)
4. Lettre du 30 septembre [1432]: » Dilecte iili,... ex justis et honestis ratio-
dksahuhi hans la (I liii: 20ÎI
à \'(''i-onf, par It's W'uitieus et ne [)ul ai-rivi-r ([uc le '2 avril à Bàlf. Il \ dcvaiivii >iii ([uiiize jours seiilemenl Jean de lloclielaillée, également t"u<|^itif ^ sourd aux ordres de rappel et aux adjurations paternelles d'Eugène IV '.
Puis le mouvement de désertion <i;a<4nait jusqu'aux modestes C'.nployés de la eurie, entamait cette armée de fonctionnaires attachés jus([uc là par les liens de l'intérêt autant que du devoir à la défense des prérog-atives romaines. Le décret du 1 8 décembre, enjoig-nant aux curiaux d'abandonner leur poste, les avait démoralisés : entrevoyant le cas vraisemblable du triomphe des gens de Bàle, ils se v^oyaient déjà privés de tous leurs bénéfices. Un indice bien curieux de la gravité delà situation est la peine qu'on se donna pour retenir ces troupes déjà toutes prêtes à se débander. Le 21) janvier I i3.3. longtemps avant l'expiration du délai iixé par le décret, les curiaux furent rassemblés dans la ('haïubre de parement : deux des cardinaux demeurés fidèles au pape, Giordano Orsini et Ardicino délia Porta, présentèrent devant eux la défense d'Eugène IV, agrémentée d'attaques violentes contre les hommes de Bàle : Cesarini lui-même ne fut point épargné, ce « cardinal qui croyait être plus sage que tous les «autres ». On eût dit que ces salariés étaient juges du conflit
nibus ad hoc moveiilibus ineiitL'in nnslrani. \olunius et mandamus tihi ti'iiorc prcpcnlium nualcnus. si cunlinj^at \ eiierabiloni Iralrt-iii nustruiii Aiiloiiiimi, episcopum Iloslicnsem. cardinalem lîononicnscm vul^ariter nuncupatum, pervenire ad civitalcin nostram Bononie seu ad aliqiias alias terras et loca tue j;ubcrnacioni subjccta. sub preto.\lu et colore hoiieste occasiunis eumdem detiueas, neqiie ultcrius permittas accedere, donec de inlentione nostra circa id et (juid te facere velimus a nobis fiieris advisatus. ». : Arcli. du Vat., lier/. 370, loi. 106 v.) — Le 16 décembre I4;52, on lut. à Bàle, une lettre de Gorrer s'cxcusant par des raisons de santé de ce (ju'il n'arrivait pas si tôt qu'il eiit voulu (J. Ilaller. II. 29,i).
1. Giniifîuaao Iii^rliirami. loc. Ci'L : ms. cité de la J.aurcntieanc : (î. .Morclli, Ricordi {Delizie (le<ili eriiclili Toscani, XIX, 107. 108) ; A. Traversari. Iloihvporicon, p. 20 : AmpUss. coUecl., VIII, .î.3.'5 ; Deutsche Reichst i(/>!;ilileii. X, 6 19 note 1 : .1. Ilaller, II, 379, .381. 387 ; V. 52.
2. V. notamment une lettre du pape du 1 1 octobre [1432] : il invite Rochctaillée à revenir le plus tôt possible. L'air maintenant est très sain. La venue prochaine de Sif,'ismond rend nécessaire la présence du cardinal : « Intendinins eniin te, cuni aderis, taliter pertractare quod eadeni Circumspectio tua sullicientcr potorit contentari. >. (Arch. du Vat., Reff. 370, fol. 108 v°.)
Lj Pape el le Concile. 14
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entre le j)api" et le coiuile. lùigèiie IV s'abaissaiL à leur demander conseil : il invitait, dune part, les prélats et protonotaires, d'autre part, les auditeurs, avocats, scribes, etc., à délibérer entre eux sur les moyens de sauvejïfarder l'autorité du saintsièg-e. (In poussa la flatterie jus(]u'à leur dire (jue, j)lus nombreux que les pères de Bàle, ils pouvaient à plus juste titre compter, quand ils étaient réunis, sur l'assistance de l'Esprit saint '.
L attitude delà France, de la Castille, de l'Anylelerrc ne pouvait pas ne point contril)uer également à produire chez le pape un découragement profond.
Parmi les princes qui, depuis un an, ne cessaient de réclamer le retrait de la bulle de dissolution, il en était un, d'ailleurs, dont la voix commençait à être un peu mieux écoutée. Tant que Sigismond avait été l'hôte et l'allié de Philippe-Marie, Eugène, voyant surtout en lui un ennemi de Venise, avait prêté peu d'attentionàses conseils. Un jour, il invitait le prince à se mêler de ses affaires et à laisser là les questions de droit canon qui lui étaient étrangères -' : cruelle leçon pour un monarque qui se glorifiait d'avoir mené le concile de (Constance et terminé le Schisme d'Occident ! Uneautre fois, dans un mémoire remis à Jean Geparelli 3, le pape faisait de dures allusions à la conduite du prince à l'égard des Hussites. Comme le roi s'apprêtait à descendre en Toscane escorté de ses soudards hongrois et allemands, il fut question de lui barrer le passage avec les troupes pontificales ^. Eugène, en tout cas, demeurant l'allié des Florentins, Sigismond put confondre avec l'armée du pape les troupes de la république qui, durant son séjour à Lucques, eurent le mauvais goût de dévaster les alentours de sa résidence et de lui tuer des hommes •^. Et,