Ibid., p. 394; Concil. Basil., V
3. Moniim. Concil., II, 352. —Et non de soixante-quinze seulement, comme il a été dit par erreur ^G. Pérouse, p. 119 .
ONZIÈ.Mi: SESSION 223
vant eux, ôtait au pape le pouvoir de prorog-er ou de dissoudre un concile malgré lui. Ils affirmèrent la nullité de toute mesure préjudiciable à uiisNuoile ou à ses adhérents. Ils allèrent enfin jusqu'à prendre des précautions contre eux-mêmes : la dissolution ou la Irauslalion du concile ne pourraient avoir lieu que si ces projets réunissaient les deux tiers des suffrages dans chacune des quatre « députations » et dans l'assemblée générale, et tous les membres présents et futurs du synode furent conjurés de ne se prêter à semblable mesure qu'une fois la réforme achevée. On se préoccupait aussi de l'exacte observation de la règle de la périodicité des conciles, et l'on imposait aux lulurs papes un serment qui leur ôtait toute possibilité d'enfreindre les lois édictées par les pères '.
11 ne restait plus qu'à élever une digue contre l'envahissement redouté de nouveaux membres imbus d'un esprit différent, créatures, compatriotes, sujets ou serviteurs du pape, qui pouvaient accourir en foule à son appel et détruire en un jour l'œuvre de quinze mois. L'ingéniosité du concile y pourvut. A partir du 24 avril, on dut. pour se faire incorporer, jurer de « travailler fidèlement -dans l'intérêt et à l'honneur du synode», de « maintenir et défendre ses décrets ». enfin de ne point l'epartir sans son autorisation. De la sorte, il devenait impossible même de présenter un amendement, de suggérer un adoucissement aux inflexibles lois votées par l'assemblée ; le péril réactionnaire était conjuré ; le concile se condamnait à ne jamais dévier de la ligne qu'il s'était tracée dès l'origine 3.
1. Mansi. XXIX. 52; Monum. Concil., U.nyi. Cf. .1. Ilallcr. II, 38<». •J. « l-'l diligemment •-. ajuiitait-on d'abord; mais ce mot pariil un peu fort et fut quelquefois supprimé dans la suite. Ou le rétablit après le départ de Cesarini. 3. Monum. Concil, II, 3'i.J.
22i lA vicKiim; m (,nM;ii.i;
De très bonne heure, les nonces, constatant le triste accueil fait à leurs ouvertures, avaient renvoyé à Home Tun d'entre eux, Christophe de San Marcello, évêque de Cervia '. Celui-ci, s'il chercha à persuader au pape de donner dans une plus large mesure satisfaction aux pères, en tout cas, ny réussit point '-. Eug-ène IV n'avait pas encore perdu ses illusions sur Tellet de sa bulle du 14 février. Il ne songea pas à la modifier, mais seulement à hâter, k la fois, le départ des prélats italiens •' et l'organisation efîective de la présidence de l'assemblée.
Aucun des cardinaux désignés le 1«"' mars n'avait encore fait mine de se rapprocher de Bàle : Pierre de Foix et Albergati remplissaient d'autres missions en France ; Orsini et Foschi étaient retenus à Rome par l'annonce de la visite du roi des Romains ^ A leur place, Eugène IV nomma comme présidents ses nonces actuellement en mission à Bàle, Tudeschi, Jean de Mella et le noble vénitien Louis Barbo, abbé et réformateur de l'abbaye de Sainte-Justine de Padoue, qu'il avait eu jadis pour prieur au couvent de Saint-Georges in Alga •'. Il leur adjoignit Thomas Tomasini, évêque de Traù, et Jean Berardi de Taglia-
1. Il rejoignit Eugène IV le 1" mai (pi-ocès-verbal authenliquo du 5 juin ; ms. lat. 1502, fol. 4 v°; ms. lat. 1495, p. 133,.