Mansi. XXXI
2;)8 i.A vicioiiii': m (.((.ncii.i:
i[ue Jean Herardi cl Baillu'liMnv /aharcUa siHaienl (lis|)c'nsés d'adresser leur salul au tDnc'iU'. (^asli^lione prèla au pape liiitention d'acheter à prix dOr la complicité du roi de Poloi^ne ', puis de tenir à Ancône un concile oii il annulerait ro'uvre du svnode actuel. Hochetaillée ct)nlirnia le l'ait. Carillo menaça de dénoncer les personnes cpii entravaient tous les ellorts de 1 assemblée. Plus aiij;re et plus violent encore, Clervantès s'écria qu'il connaissait les procédés d'Eugène, et qu'on voulait amuser le concile avec des mots. La patience n'était plus de saison, ajouta-t-il : il s'ag-issait de la défense de l'Kglise. C'est ce qu'il soutiendrait, même si tous les princes étaient d'un avis contraire, même s'ils marchaient sur Bàle : il voulait conserver cette opinion jusqu au martyre !
Ce fut aussi l'avis du patriarche d'Antioche et du patriarche d'Alexandrie. Ce fut même celui des ambassadeurs de France. II n'est pas jusqu'aux prélats vénitiens qui ne donnassent leur assentiment à la mesure de rig-ueur proposée contre leur compatriote. Quand on passa au vote, la demande de sursis ne réunit que vingt-trois voix sur trois cent quatre-vingt-six (10 juillet) '-.
La douzième session se tint donc au jour fixé (13 juillet). Mais ce ne fut pas sans peine.
Les envoyés impériaux, arrivés la veille au soir, cherchèrent par tous les moyens à troubler la cérémonie : exhibant lettres
1. Il est question, vers la fia de 1432, notammeiiL dans les délibérations du sénat de Venise, de je ne sais quelles offres qu'Eugène IV aurait faites au roi de Poloj,me au siijet de l'Empire et du royaume de Hongrie, pour jouer pièce à Sig:ismond .1. Haller, I, 251 : Deutsche Reichsiuffsalilen, X, 795).
2. ,T. llaller. I, iVo: II, ilô: V. 58 ; Moniiin. Cuncil.,U, 301-395. Lettre du frère Augustin de Leonessa 13àle, 3 août [1 S33]) : » Dieuat niulti quod, si Papa adherebit. quod remanebit in honore suo ; sed ego non i)uto amplius videre paslorcm hont)ratum. quia honor Pape jam transit ad principes mundi... Et, ut sciât vestra eminentissima Paterailas quod fidcs non régnât, oinaes prelati de doniinio Venetorum consenserunt in deputatione ut Dominus noster suspeaderetur nisi adhcreret in spacio .i.x. dierum. Et quia, facta deputatione, fuit eis dictum quod decepti fuerunt, aliqui ex eis in seqneati deputatione protestati sunt quod non consentiebant : tanien in sessione fuernnt, ut moris est prelatoruni. et nicliil dixei-unl. » Bibl. Laui-entienne, plut, xvi, nis. 13, fol. 89 v°.)
bOLZIKML; SKSSION 2MÎ)
sur U'ihvs, alK''i;'uaiit la latii^ue du xova}^»', aiuKMivaiil la \ cnucde SigisMiond. u iiilcrronipaiit li'ur havai-dage que pour céder la parole soit à 1 (iflicial de Hàle, soil à Henri Fleckel, soit à lévêque de Croire, (jui.au iKun des Bàlois, du duc-protecteur ou de Sigisniond, réclamaient aussi rajournement, ne réussissant qu à provoquer des clameurs inq^atientes : Expodintiir sessio ! Exjjedinlur ! Fini ! Fiai ! reconnaissant, à la vue des chapes et des mitres que sapprètaient à revêtir les [)rélats, l'inutilité de leurs efforts, mais ne battant en retraite que pour reparaître l'instant d'après, et arrêtant bruyamment la lecture des décrets, sans se soucier des vociférations, des sifflets, des trépignements, des menaces. Il fallut (jue lévêque de Lectoure. désig-né comme lecteur à cause de son bel organe, haussât la voix pour dominer cet assourdissant tapage, l'inlin, se reconnaissant vaincus, nonces et ambassadeurs sortirent de l'église. La lecture fut achevée, le Placet habituel retentit sous les voûtes, et les décrets purent être, placardés aux portes ^
En tête, comme d'habitude, étaient énoncés les principes proclamés à Constance. Puis venait l'exposé des négociations, faisant ressortir la patience des pères et l'opiniâtreté d'Eugène, poussée jusqu'à la démence. Dans tel de ses actes on signalait de nombreuses absurdités; dans tel autre, le dessein de bouleverser l'Eglise ; partout, la prétention de supprimer les conciles ou de les dissoudre, ou d annuler leurs décrets, spécialement ceux d'où ressortait la subordination du pape en matière de foi, d"uni(m et de réforme. Aussi le devoir du concile était-il de recourir à des moyens plus énergiques. Toutefois, à la demande du roi des Romains, on accordait encore au pape un délai de soixante jours pour rétracter sa scandaleuse bulle de dissolution, reconnaître légitime l'existence du synode dans le passé et dans l'avenir et, par le moyen d'une bulle solennelle, adhérer au con-
I. Monum. Coneil.. II, 396, 398; Concil. Basil., 1, Cû ; II, 488 ; V, 59.
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ciU" puivinonl cl sinipleiueiiL. Sinon, il était dénoncé opiniâtre, incurable, et suspendu de lout exercice de la papauté au spirituel et au temporel. Le concile ne reculerait même pas, s'il était nécessaire devant une sentence définitive : on comprend quil s'a<j^it de la déposition. Passé les soixante jours, les pères exerceraient eux-mêmes le pouvoir apostolique et défendraient d'obéir à Eugène. En attendant, ils annulaient une fois de plus toute collation de bénélice préjudiciable à l'un d'entre eux, et fixaient aux cardinaux, ainsi qu'aux gens de la cour de Rome, un délai de quatre-vingt-dix jours pour rejoindre l'assemblée ou se retirer dans leurs diocèses.
Un autre décret rendu le même jour proclama de nouveau un principe fréquemment méconnu par Eugène, la nécessité de respecter les élections canoniques '.
Ce soir-là, tous les nonces firent leurs paquets et quittèrent Bâle.
Pour achever de bien comprendre la situation critique d'Eugène IV à ce moment, il faut remarquer, en outre, que l'alfaire Gapranica, assoupie durant plusieurs mois ', avait recommencé à alimenter les conversations bâloises : entre cardinaux, prélats et docteurs, on discutait librement la légitimité du pape. La thèse de l'intrusion fut longuement soutenue, à l'aide d'arg-uments juridiques, dans la demeure d'un cardinal ; Gesarini répondit, mais, sur bien des points, sa réponse provoqua la conti^adiction de ses collègues. Le 8 juin, la question fut oiriciellement déférée à l'examen des « députations )s et deux d'entre elles se hâtèi^ent de réclamer luie enquête. Si celle-ci aboutissait à la constatation que le pape actuel n'était point pape, qu"adviendrait-il? Le concile, disait-on, suivrait l'inspiration du Saint-Esprit. C'était vag-ue et peu rassurant '■^. Les ambassadeurs bourguignons écri-
1. Mansi, XXIX, 56; Moniim. Concil., II, 398. Cf. Ilisl. de la Pracfmai. Sancl. de Boiircfes sous Ch. VU, p. i,xxii.