‹ La crise religieuse du XVe siècleChapitre 153 sur 257 · N. délia Tnccia (éd. I. Ciampi , p. J · texte numérisé non relu

N. délia Tnccia (éd. I. Ciampi , p. J

3. V. une lettre d'Alphonse V datée d'Ischia. le 20 juin 1 i33 (J. Anictller y Vinyas et J. Collell, Alfnnao V de Araciôn enlLaliii. (.irone. 1903, in-S", I. 102-406 .

i. ^'. des instructions données par Charles \'1I à Nicolas de la Cliaiîcllc vers le 22 septembre 1 i33 : « Nous vous mandons et comendons que vous vous transportiez à Baasle, et enqueriez se nostre amé et féal consilier rarcevesche de Tours, l'un de nous ambassadeurs envoyez au saint Concilie de Haasle. a dit pai' deux foiz en cession publique, c'est assavuir ([uc nous avons doublé et doublons de rclecliondcNoslre Saint Père, et si on le doibt repute[r] vray pappe. ou nom sic], et sccundement. en une session, après que le cardinal de Plaisance eust dit que on dcbvoyl dnublicr de l'élection de Nostre Saint Père, el le cardinal de Houan conlirmasl le dit dudit cardinal de Plaisance, leilit archeves(jue se leva et disl : X Très reverens i)eres, le lloy scmblablement en a doublé el double »; ainssi que, tant par les lettres de Nostre Saint Père que aultrement, nous a esté fayt savoir. » Bibl. Laurenlicnnc. plut, xvi, ms. 13. fol. 108 v.)

Le Pape et le Concile. lo

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Eu"ène IV ni<;norait rien de ces projets menaçants. Inquiet de la tournure que prenaient les choses, il avait voulu ohlig'er Sio-ismond à lui jurer de le regarder toujours comme un vrai pape élu canoniquement *, Instruit de l'incident du 43 juillet, il dépêcha aussitôt un courrier en Touraine avec lettres pour le roi et pour le Chancelier, où il se plaignait de l'ambassade française et réclamait formellement le rappel de Coëtquis '-'. Il sera question plus loin de la suite donnée à cette démarche. L'allaire Capranica devenait une obsession pour le souverain pontife. Un nonce qui avait vécu dans son intimité, l'abbé de Sainte-Justine, LouisBarbo, crut pouvoir affirmer aux pères qu'ils obtiendraient de lui tout ce qu'ils désiraient s'ils s'engageaient à ne plus soulever la question de sa légitimité •'. Cette crainte, dans tous les cas, ne pouvait qu'engager Eugène IV plus avant dans la voie des capitulations.

Notez que, sur ce terrain de la doctrine où maintenant se poursuivait le combat, Eugène demeurait presque seul de son bord. Les princes eux-mêmes, qui prétendaient intervenir en sa faveur, le trahissaient à cet égard et se joignaient à ses adversaires : soit légèreté, soit insouciance, ils le harcelaient de

1. Convention du 7 avril 1 S33 [Deutsche Reichstngsahten. X. 771 : cf. p. 823.1

2. Le messager du pape. M' Denis c de Rivo », remit à Regnaull de Chartres, à Amboise, le 17 septembre, la lettre du pape qui lui était adressée, et aussi une lettre du chambellan Jean du Mont, qui confirmait les faits. Bien qu'indisposé, le Chancelier se rendit, le 18, auprès du roi pour assister à la présentation du document pontifical. Un autre jour, étant à Tours, il reçut de nouvelles lettres de Jean du Mont, donnant plus de détails. V. la réponse de Regnault de Chartres au pape datée de Tours, le 2<» septembre (Bibl. Laurentienno. ms. cité, fol. 114 v°).

3. Moniim. Concil., II, 387. Cf. une lettre de Sigismond du 6 juillet 1433 {Deutsche Reichstac/saliten. XI, 43).

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demandes qui toutes aboutissaient ;'i lui imposer le sacrifice de ses droits essentiels '.

Au nombre de ces princes servial>los, mais indiscrets, Sif^ismond acquérait de jour en jour plus de crédit. L ancien adversaire politi([ue était devenu 1 allié, l'hôte, le sauveur peut-être, 11 touchait maintenant 5. 000 florins par mois sur le Irt'sor pontifical -. Rome venait d'assister à un spectacle dont le souvenir est encore retracé sur l'un des reliefs de bronze de la principale porte de Saint-Pierre : le souverain allemand accueilli, embrassé, au haut des degrés de la basilique constantinienne. par Eug-ène IV; puis, à l'autel majeur, le vieux roi des Romains coifTé par ie pape du bonnet louj^e, de la mitre blanche, de la couronne d'or, et recevant de ses mains le g^lobe, le g-laive, le sceptre, lui présentant humblement les burettes à son tour, et conduisant ensuite, pendant quelques instants, la mule du pape parla bride-^. Ces cérémonies pompeuses n'étaient que la manifestation d'une harmonie parfaite établie désormais entre le pape et l'Empereur ', et, lorsque Sigismond, surpris des exigences des pères, mais docile à leurs injonctions •', exhortait Eugène à leur accorder satisfaction plus ample, celui-ci ne pouvait plus fermer obstinément l'oreille à des avis accompagnés de promesses réconfortantes.

Puis, — autre circonstanGe propre à 1 impressionner, — le vide continuait de se faire autour du pape. Deux nouveaux cardinaux réussirent à tromper la surveillance qu'il exerçait avec plus de vigilance depuis le départ de Cervantes, de Correr et de Roche-

1. Il est curieux de constater ([lie. dans loiir Icllro collecli%c du 23 juin, citée [)Ius haut 'p. 2^3. note 2\ les ambassadeiu-s des princes ap|)liquent au pape l'expression de " caput sunnnuni niinistci-iale " qui était fort en l'aveiu- parmi les pères de lîàle.

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