‹ La crise religieuse du XVe siècleChapitre 156 sur 257 · Kricli Kniiij;, Kanlinnl Giordnno Orsini, p. Ilfi · texte numérisé non relu

Kricli Kniiij;, Kanlinnl Giordnno Orsini, p. Ilfi

2. Lettre du 13 juillet [li3:5j: " Xune saci-um Concilium délibérai mittere amhasiatnres ad re}res et principes super isla matcria, ut. in easu quo Papa non faeial plenam adhèrent iaiu infra dictos.i.x. dies, non ol^ediant Pape. Nescin quid eril. Si (nmd >can(lalurn iiaseelur in Keelesia, ipse l^apa erit causa, qui dissolvil (".iMuiliuin. et ({ui unien \erl)(). si vellel. pitsset reniediare. « (Archivio Gonzaga de Mantoue, (Inrleijtjin ileiflinvinU cit':illii ne'Si-izzci-l. K xvii, n" 3.)

248 i-A vnvi(tiiii: nr concile

contraire, à terminer ses jours au fond d'un dos cachots do Venise '.

A ce moment Kui;ôno IV no connaissait pas encore les décrets de la douzième session, mais il savait le triste accueil liiif aux ouvertures de ses nonces. Menacé, isolé, circonvenu de toutes parts, n'allait-il pas saisir la main qu'on lui tendait, séduit parles avanlag-es immédiats dune capitulatinu ([u'on lui présentait comme un dovoir?

« Nous aurions (piitté la tiare et renoncé à la vie, écrivit-il « dans la suite au doi^e de Venise, plutôt que d'être cause ([ue la a dignité pontiticale fût subordonnée au concile, contrairement à « toutes les lois canoniques ! C'est ce que n'a jamais fait aucun « de nos prédécesseurs "'. » Et ce pontife, qu'on dépeint d'ordinaire comme faible et incertain de ses droits, résista presque seul aux sug-g-estions des princes, aux sollicitations des cardinaux, aux leçons d'un concile soi-disant inspiré. Il préféra les risques d'une lutte inégale aux douceurs d'une paix solidement g-arantie. L'âme n'était donc pas si mal trempée qu'on le suppose ; Eugène avait, en tout cas, un sentiment profond des devoirs qui incombent au dépositaire de l'autorité apostolique.

On lui présentait une formule : il consentit à l'adopter, mais en y chang-eant deux mots et en y ajoutant une phrase. Cela suffisait pour que les droits dvi saint-sièg-e fussent saufs.

Les deux mots étaient deceniimus et declaramus, remplacés, dans le dispositif, par volumus et contentamur. Dans le langage très précis de la Chancellerie apostolique, ces termes avaient une sig-niiication bien différente : les premiers indiquaient la constatation d'une vérité préexistante, les seconds exprimaient un consentement plus résigné que satisfait '\ Ce changement voulait

1. Monum. Concil., II, 181. — Cesarini avait, en nicme temps, écrit à Sij^ismond (18 Juin) de la manière la plus pressante, pour qu'il lâchât de jjcrsuader le pape [Dei'ilsche Rinchslagsuklen, XI, 10, et, sous la date du 19 juin. Mansi, XXXI, 163).

Page 1